La tornade CES a débuté pour la délégation Nouvelle-Aquitaine

Mikaël Lozano, à Las Vegas

Délégation Nouvelle-Aquitaine au CES 2019
La Tribune / Mikaël Lozano

Mikaël Lozano, à Las Vegas

Délégation Nouvelle-Aquitaine au CES 2019
La Tribune / Mikaël Lozano
8 heures dans l'un des salons de l'hôtel Venetian, qui abrite le CES. La délégation de Nouvelle-Aquitaine est réunie presque au complet pour un premier briefing et pour la photo de groupe. Les représentants du Conseil régional et de French Tech Bordeaux glissent quelques conseils avant le show de Laurent Tripied, patron de la startup Bziiit, exposante. L'entrepreneur avertit que sur les réseaux sociaux, 300.000 à 500.000 messages relatifs au CES sont envoyés chaque jour. Pas la peine d'espérer émerger et de doper sa notoriété si l'on y va seul. Jouer groupé, mentionner ses voisins et clients, mettre en avant son produit et le mettre en scène sont les bonnes clés. Choisir son camp est vivement recommandé : au CES il faut choisir entre draguer les clients potentiels ou les journalistes, qui composent près de 25 % du visitorat. Jérôme Leleu complète : « Le CES ne s'arrête pas vendredi. Si vous avez des demandes de devis, n'attendez pas trois semaines après la fin du salon pour les envoyer. La réactivité est primordiale. »
La délégation de Nouvelle-Aquitaine à quelques minutes de l'ouverture de l'Eureka Park (photo Mikaël Lozano / La Tribune)
Le briefing terminé, la bataille pour l'accès au café commence avant que débute la vraie, la plus dure : se frayer un chemin à 10h à l'ouverture officielle du CES. Les stands sont d'emblée pris d'assaut, d'autant plus que la France est bien servie : les stands de l'espace French Tech sont alignés pour la plupart à l'entrée du salon. Il faudra bien une heure pour que la circulation se fluidifie. Deux heures après l'ouverture, les fondateurs de U'reflect, encore étudiants à Epitech Bordeaux et concepteurs d'un miroir connecté, font un premier bilan : « La bonne nouvelle, c'est qu'on voit très peu de curieux mais au contraire beaucoup d'industriels, une cible que l'on veut toucher en priorité. » En début d'après-midi, le constat émerge : les allées French Tech font un carton, les espaces des entreprises françaises situés plus loin sont beaucoup moins visités.
Sans grande surprise, au milieu du brouhaha sonore et visuel, tous ceux qui ont un produit très visuel à présenter se démarquent. Les habitués du salon se prennent dans les bras, les journalistes squattent les prises des stands pour recharger les batteries des téléphones. Le verre de jus d'orange coûte 7,5 dollars. Perdez votre badge d'accès au salon et il vous en coûtera 300 dollars pour le faire réimprimer. Plus 20 dollars pour le cordon en tissu qui va avec. Le CES, c'est aussi cela.
« Sous cette forme-là, un ministre c'est beaucoup moins stressant. » Entendue sur le stand d'Holoforge Interactive, division réalité augmentée et applications professionnelles du studio de jeux vidéo bordelais Asobo Studio, à l'occasion de la venue de l'avatar virtuel de Mounir Mahjoubi. Le secrétaire d'Etat au numérique (et pas ministre) n'est pas présent cette année au CES mais il s'est matérialisé tout de même dans les stands. Une unité robotique téléguidée surmontée d'un écran s'est baladée, permettant aux exposants de converser directement avec Mounir Mahjoubi et ce dernier de voir et d'écouter en direct.
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Ils sont encore étudiants, en 5e année à Epitech Bordeaux, et découvrent le CES avec de grands yeux et de l'ambition. Les fondateurs de U'Reflect exposent le démonstrateur d'un miroir connecté conçu par leurs soins. Plus précisément, les neuf étudiants ont mis au point un système d'exploitation qui permet à un miroir de proposer à son utilisateur toute une palette d'applications.
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Pour l'utilisateur, l'utilisation est très proche d'un smartphone. La caméra embarquée par le miroir (non connectée elle-même à Internet, l'appareil étant destiné notamment aux salles de bain), détecte et reconnaît les visages et personnalise en fonction l'écran. La personne peut alors utiliser les applications (météo en direct, Youtube, Google Maps, flux RSS, Uber...), agrandir ou déplacer les fenêtres... L'équipe, dont le doyen culmine à 24 ans, a été distinguée par un CES Innovation Award 2019. Elle vise en priorité le secteur de la beauté et de la santé. Les possibilités d'application sont infinies : rappeler à l'utilisateur comment il était habillé il y a une semaine, surveiller l'évolution de ses grains de beauté, lui montrer à quoi il ressemblerait avec tel ou tel produit de maquillage... Mais l'hôtellerie, les salles de sport... peuvent aussi se montrer des clients potentiels. L'équipe est présente au CES avant tout pour trouver des partenaires industriels aptes à créer des miroirs connectés, comme Philips qui en produit mais sans système d'exploitation.
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