Effet « gilets jaunes » oblige, les politiques français lâchent le CES de Las Vegas

Malgré la présence d'un nombre record d'entreprises françaises (près de 420) au CES de Las Vegas, qui se tient du 8 au 11 janvier, aucun ministre ni président de Région, pas même le secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi, ne fera le déplacement. Un contraste saisissant avec les éditions précédentes, qui s'explique par la disgrâce dans l'opinion de la "startup nation" dans le contexte social tendu des "Gilets jaunes".
Sylvain Rolland

3 mn

Emmanuel Macron, alors en pleine campagne présidentielle, avait fait en personne le déplacement en 2017 au CES de Las Vegas, pour bénéficier de l'image alors positive de la startup nation.
Emmanuel Macron, alors en pleine campagne présidentielle, avait fait en personne le déplacement en 2017 au CES de Las Vegas, pour bénéficier de l'image alors positive de la "startup nation". (Crédits : REUTERS/Steve Marcus)

Le CES de Las Vegas devient-il infréquentable ? Le mouvement des « Gilets jaunes », qui a fragilisé le pouvoir cet automne, a une conséquence inattendue : le plus grand salon technologique au monde, qui attirait pourtant depuis quelques années la crème de la crème des politiques, tombe totalement en disgrâce. Dans un contexte social très tendu où les fins de mois difficiles reviennent au cœur des débats, la « startup nation » n'a plus le vent en poupe auprès des élus et du gouvernement.

« Personne ne veut s'afficher aux côtés de la France privilégiée qui crée des gadgets high-tech, dans la capitale mondiale du bling-bling. Ce serait complètement déconnecté », confie, sous couvert d'anonymat, un membre d'un cabinet ministériel à Bercy.

Un constat valable aussi pour l'opposition et les présidents de régions, mais surtout pour la Macronie, traumatisée à l'idée que « l'affaire Pénicaud » (une coûteuse soirée en marge du CES en 2016 autour d'Emmanuel Macron, organisée par Business France sans appel d'offre) revienne encore hanter le président...

Plus personne pour représenter la French Tech

Le contraste avec les années précédentes, où le gratin politique se bousculait dans les allées bondées du CES, est saisissant. Cette année, malgré un nombre record de startups françaises présentes (au moins 414 au dernier décompte, soit déjà davantage que les 412 de l'an dernier), il sera difficile d'y trouver un élu de premier plan.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, avait laissé entendre à l'automne dernier qu'il s'y rendrait, avant de se rétracter mi-décembre. Agnès Pannier-Runacher, la nouvelle secrétaire d'État chargée de l'industrie, avait confirmé sa présence à la soirée francophone en marge du salon, qui se tient le mardi 8 janvier... avant de l'annuler aussi fin décembre, officiellement pour des raisons d'« agenda ».

Du côté des régions, même disette : Valérie Pécresse (Île-de-France), Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine) ou encore Renaud Muselier (Sud Provence-Alpes-Côte-d'Azur), présents l'an dernier, ainsi que Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhônes-Alpes) passeront leur tour. Parfois, même le vice-président ne se déplacera pas. Ainsi, la délégation Sud-Provence-Alpes-Côte-d'Azur, qui envoie pourtant le plus gros contingent régional avec 55 startups, sera représentée par... le conseiller régional chargé de l'économie, Bernard Kleynhoff, connu au niveau régional mais pas nationalement. Kat Borlongan, la nouvelle directrice de la Mission French Tech, ne devrait pas venir elle non plus - mais pour des raisons personnelles.

Autrement dit : pour la première fois depuis que la France a fait du développement des startups une priorité politique, aucune personnalité politique majeure ne viendra appuyer la French Tech aux yeux des médias et des investisseurs internationaux à Las Vegas.

Même Mounir Mahjoubi se dégonfle... mais il pourrait être "virtuellement" présent

Même le secrétaire d'État au Numérique, Mounir Mahjoubi, pourtant l'ambassadeur naturel des startups et lui aussi confirmé à la soirée francophone, a finalement annulé son déplacement.

« Il faut faire attention à la dépense publique. L'écosystème sera encore présent en force, le gouvernement n'est pas obligé d'y aller tous les ans », pédale son cabinet.

Doux euphémisme pour dire que le CES est devenu cette année aussi pestiféré que Davos, le « salon des riches ». Toutefois, Mounir Mahjoubi n'abandonne pas les startups françaises : il devrait tout de même faire « une apparition » au CES, « de manière virtuelle » sous la forme d'un avatar, grâce à la technologie d'une startup exposante.

Sylvain Rolland

3 mn

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Commentaires 28
à écrit le 04/01/2019 à 15:06
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Journaliste spécialisée dans l'économie numérique, ca fait deux mois déjà que j'ai flairé cette désaffection : Mounir ne jure plus que par les PME et TPE et il n'y a pas eu cette année de Noël de La FrenchTech. Ils n'ont pas trouvé de lieu pour les a...

à écrit le 03/01/2019 à 18:47
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Se dégonflerait-on avant la bulle ?

à écrit le 03/01/2019 à 18:03
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Au prix de leurs avions privés, de leur séjour ... toujours quelques millions d'euros économisés .

à écrit le 03/01/2019 à 17:23
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Cocasse, notre président s'était attribué des thèmes le liant à la modernité pour augmenter sa popularité, thèmes qu'il abandonne pour les mêmes raisons, sauf que là c'est pour essayer de moins en perdre et de ne pas tomber à zéro, ça c'est de l'ambi...

à écrit le 03/01/2019 à 17:05
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Cocasse, notre président s'était attribué des thèmes le liant à la modernité pour augmenter sa popularité, thèmes qu'il abandonne pour les mêmes raisons, sauf que là c'est pour essayer de moins en perdre et de ne pas tomber à zéro, ça c'est de l'ambi...

à écrit le 03/01/2019 à 16:37
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La présence des politiciens est inutile. Moins d'Etat signifie plus de libertés pour l'économie.

à écrit le 03/01/2019 à 16:13
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On ne retournera pas à l'Age de Pierre ! Et on ne va pas opposer le Beaujolais aux Startups tout de même, hic ? Félicitations aux startups et leurs sponsors, aux recherches publiques et privées et aux universités et écoles d'ingénieurs. Bravo à Fl...

à écrit le 03/01/2019 à 14:58
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Le problème actuel est que quoique fassent le gouvernement et les hommes politiques, ils seront critiqués. Ils vont au CES, c'est de l'argent gaspillé. Ils n'y vont pas, c'est très grave de ne pas représenter la France, les gilets jaunes gouvernent d...

à écrit le 03/01/2019 à 14:58
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Le problème actuel est que quoique fassent le gouvernement et les hommes politiques, ils seront critiqués. Ils vont au CES, c'est de l'argent gaspillé. Ils n'y vont pas, c'est très grave de ne pas représenter la France, les gilets jaunes gouvernent d...

le 04/01/2019 à 15:21
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Tout à fait quand on voit l intelligence de certain gilet jaune dont l’armée chauffeur et la casquette a l envers il y a dû soucis a se faire un chauffeur comme lui dangereux sur la route son patron est à plaindre

le 04/01/2019 à 15:21
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Tout à fait quand on voit l intelligence de certain gilet jaune dont l’armée chauffeur et la casquette a l envers il y a dû soucis a se faire un chauffeur comme lui dangereux sur la route son patron est à plaindre

à écrit le 03/01/2019 à 14:42
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Absence ... Lâché et insulte à l'avenir et à ceux qui l'invente Vision basse de responsables qui ne voient pas plus loin que le bout de leur gilets de flanelle

à écrit le 03/01/2019 à 12:58
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Je suis consterné de voir que le gouvernement, par son absence dans ce type de manifestation, conforte la vision nombriliste et rétrograde des gilets jaunes. Nous avons des atouts pour aller de l'avant et je suis attristé de voir qu'une partie de not...

à écrit le 03/01/2019 à 12:48
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L'effet Gilet Jaune a aussi occulté la psychose annuelle du Grand Froid Sibérien, pathologie psycho-médiatique habituelle de cette période, cette année on s'en moque...

à écrit le 03/01/2019 à 12:18
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Nos hauts fonctionnaires élus prennent enfin conscience de l'incongruité d'aller claquer l'argent de la république dans la capitale mondiale des jeux. Merci les gilets jaunes! Les startups sont déjà subventionnées pour y être présentes : les voyages...

à écrit le 03/01/2019 à 11:44
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Eh oui, ce sont les gilets jaunes qui gouvernent la FRANCE. Bravo aux entrepreneurs qui exposent au CES. Ils méritent de réussir et surtout qu'ile ne reviennent dans notre pays. Ils trouveront ailleurs de biens meilleures conditions pour réussir et s...

à écrit le 03/01/2019 à 11:27
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Reste plus que la technique Mélenchon avec son hologramme . ;o)))))))))

à écrit le 03/01/2019 à 11:06
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La France ce ne sont pas uniquement les gilets jaunes, il y a aussi des start-ups, TPE et PMEs...NB la CFE a augmenté de +100% en Occitanie. Pourquoi personne n'a protesté contre le regroupement défavorisant certains régions au profit des autres? ...

le 03/01/2019 à 13:04
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Je ne sais pas si les emirats sont vraiment une référence: 9 millions d'habitants dont 8 millions d'immigrés réduits en esclavage pour le bien d'une petite minorité.

à écrit le 03/01/2019 à 11:02
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N’importe quoi. Comparer les gilets jaunes à un génocide qui a fait des millions de morts.

à écrit le 03/01/2019 à 11:01
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Ridicule ! Comme si les entreprises innovantes qui préparent l’avenir et vont créer des emplois étaient à opposer aux gilets jaunes. Ils ne comprennent décidément rien de rien !

à écrit le 03/01/2019 à 10:16
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Le nivellement par le bas...Développer de la richesse c'est sale. Représenter la France et soutenir les entreprises innovantes, c'est certainement s'enrichir. Comme une nostalgie du Cambodge à ses meilleures heures....

à écrit le 03/01/2019 à 9:30
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Je pense plus à l'effet "pénicaud" qu'à celui des gilets jaunes. L'instruction de l'affaire est ralentie par Macron mais elle continue et si l'on doit en croîre le Canard, il de y a de quoi moudre pour des juges indépendants. Pour ce qui est de l...

le 03/01/2019 à 14:40
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Excellent commentaire

à écrit le 03/01/2019 à 9:08
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C'est un peu ridicule. Il est possible d'envoyer des secrétaires d'état sans désagrément pour les gilets jaunes. Et vu les voeux du président... il aurait mieux fait de changer ses voeux !

à écrit le 03/01/2019 à 9:04
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Que nos politiques cessent de croire qu'ils peuvent jouer le rôle de stratèges dans le développement des nouvelles technologies, eux qui n'y connaissent tout simplement rien du tout, qui n'ont ni les formations, ni l'expertise, ni l'agilité d'esprit ...

à écrit le 03/01/2019 à 8:52
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En même temps... des politiques n'ont rien à faire dans un salon professionnel organisé à l'étranger. Quant à faire de la France une "start up nation"...outre que ça relève un peu de l'incantation (des startups en informatique, il y en a partout, mêm...

le 04/01/2019 à 4:24
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A Bruno BD. En France l'innovation en ces domaines reste a la traine. C'est bien dommage. La matiere grise est pourtant presente, le poids de la fiscalite, toujours et encore....

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