Cellules souches : Treefrog Therapeutics vient d'obtenir le feu vert pour se lancer

Jean-Philippe Déjean

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J. Philippe Déjean

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Ce mardi 19 mars, la jeune pousse Treefrog Therapeutics (Thérapies de la rainette), installée dans les locaux de l'ENSTBB (École nationale supérieure de technologie des biomolécules de Bordeaux), a signé avec la Satt Aquitaine (Aquitaine Science Transfer - qui assure les transferts de technologie), dirigée par Maylis Chusseau, un accord qui lui permet de bénéficier de l'usage exclusif des licences protègeant les sept brevets à la base de l'innovation qu'elle porte. Cofondée par Maxime Feyeux, président et Kevin Alessandri, directeur général, la startup Treefrog Therapeutics, qui bénéficie aussi du soutien d'Unitec, a développé une innovation révolutionnaire qui permet d'encapsuler à grande vitesse des cellules souches pluripotentes, capables de fabriquer n'importe quel type d'organe.
Comme les capacités mondiales de production de cellules souches sont dérisoires et, qu'à l'inverse, les besoins thérapeutiques atteignent des sommets, les tarifs en vigueur témoignent d'une situation anormale pour un marché international aussi énorme que celui de la santé. Soit une moyenne de 10 M€ pour un kilo de cellules souches ! Ce qui explique que la clé maîtresse amenée par Treefrog Therapeutics pour débloquer cette trappe cellulaire soit une innovation qui rend possible la production de cellules souches (fournies par des donneurs volontaires) en très grande quantité.
L'objectif de Treefrog Therapeutics est de fournir aux grands laboratoires pharmaceutiques impliqués dans des thérapies géniques les stocks de cellules souches dont ils vont avoir besoin, sachant que chaque petite capsule peut contenir des milliers de ces cellules.
Diplômé, comme son associé (biologiste), de l'Ecole normale supérieure, Kevin Alessandri, qui est physicien, a centré sa thèse de doctorat, passée à l'Institut Curie, sur le processus d'encapsulation des cellules souches, conceptualisé par son directeur de thèse, Pierre Nassoy. Si le bien-être animal commence à mobiliser les consciences d'un nombre croissant de personnes, celui des cellules n'est même pas imaginable pour le commun des mortels. Et pourtant, en plus de la capacité à produire des cellules souches à très haut débit, Treefrog Therapeutics travaille également d'arrache-pied sur l'environnement de ces dernières.
Les cellules souches cultivées font l'objet d'un contrôle qualité génomique assuré par l'Hôpital Necker enfants malades. Comme un membre greffé, les cellules souches peuvent faire l'objet de rejets mais, souligne Maxime Feyeux, leur fonctionnement évoque plutôt celui du sang, puisqu'il y a des donneurs de cellules quasiment universels, comme avec le sang du groupe O. Après avoir levé 600.000 euros en décembre dernier, Treefrog Therapeutics s'apprête à boucler une nouvelle levée de plusierus millions d'euros avant la fin de l'année et plus probablement d'ici cet été. Une somme importante mais plutôt modeste face aux enjeux.
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Le calendrier n'est pas encore calé à la semaine près mais, grâce à la prochaine levée de fonds, la startup devrait réussir à créer sa première usine dans des délais relativement courts. Une unité de production miniaturisée dont la surface ne dépassera pas 40 m2 : suffisant pour produire assez de cellules souches pour traiter des centaines voire des milliers de patients.
Jean-Philippe Déjean