Vendre de la lumière comme un service, le nouveau défi de Sunna Design aux Etats-Unis

Mikaël Lozano

Sunna Design USA
Sunna Design

Mikaël Lozano

Sunna Design USA
Sunna Design
Les vendeurs de produits d'hier seront-ils les vendeurs de service de demain ? Cette tendance, démarrée dans l'univers des logiciels qui sont aujourd'hui pour beaucoup accessibles en ligne moyennant un abonnement, s'exonérant des anciennes disquettes et CDRoms, commence à toucher d'autres horizons, gommant au passage les frontières de la propriété. Spontanément, on pense à la "mobility as a service", la possibilité de louer pour quelques minutes ou quelques heures un vélo, une voiture, une trottinette, un scooter... sans avoir à l'acheter. Le secteur de l'énergie se penche également sur le sujet. A la clé pour les clients, les mêmes atouts : la souscription à un service permet de se décharger de l'investissement initial, de la maintenance... C'est précisément ce marché que compte aborder Sunna Design.
Fondée en 2011 par le jeune entrepreneur Thomas Samuel, la startup basée à Blanquefort, près de Bordeaux, s'est distinguée en mettant au point des lampadaires solaires intelligents et capables de résister à des environnements contraignants (poussière, températures élevées...) sans nécessiter de maintenance pendant une dizaine d'années. Progressivement, elle s'est déployée dans les pays d'Afrique et du Moyen-Orient, allant jusqu'à développer un projet baptisé Moon, couplant ses lampadaires solaires à un système permettant de créer et distribuer de l'énergie aux foyers reculés ne bénéficiant pas de réseaux publics. Sunna Design était déjà présente aux Etats-Unis mais elle lance aujourd'hui une offre différenciante : "l'éclairage solaire comme un service" en bon français, "Solar lighting as a service" dans la langue locale.
Concrètement, pour attaquer ce marché serviciel de l'éclairage solaire, Sunna s'est alliée à une société d'investissement new-yorkaise, dont le nom est gardé secret, et à son distributeur nord-américain, Recovered Energy Technologies.
Pour les municipalités en particulier, le sujet n'est pas neutre : "Selon la Banque mondiale, la part de l'éclairage public pèse pour près de 50 % de leurs dépenses énergétiques", argumente Ignace de Prest.
Sunna Design (45 emplois) a choisi de se tourner vers les USA parce que le marché y est volumineux, plus mature. Plus solvable aussi ? "Non, nous y allons parce que nous pouvons y être convaincants tant en matière de maturité technologique que de coût. Aujourd'hui nous réalisons la majorité de notre chiffre d'affaires en Afrique et nous allons continuer à nous y développer. Mais après la première période startup entre 2011 et 2018, nous nous engageons dans une phase de scale-up pendant laquelle nous devons maintenir un fort taux de croissance, comme nous l'avons fait en 2018 avec 50 % de croissance."
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En 2017, après avoir bouclé une levée de fonds de 7 M€ en fin d'année, Sunna Design déclarait un chiffre d'affaires de 3,594 M€ pour un résultat net négatif de - 2,402 M€ et des capitaux propres de 9 M€. Depuis, l'entreprise ne communique plus sur ses éléments financiers, assure Ignace de Prest. Le CEO de la société ne fait en revanche pas mystère de son envie de se développer le marché français de l'éclairage solaire : "Nous équipons aujourd'hui des parkings de grandes surfaces spécialisées, de châteaux dans le Médoc... Il s'agit encore de dossiers modestes mais le marché français va progressivement arriver à maturité."
Mikaël Lozano