Comment les acteurs néoaquitains se positionnent sur le créneau des transports autonomes (2/4)
Hélène Lerivrain

Train autonome
Geosat
Hélène Lerivrain

Train autonome
Geosat
"Nous n'avons pas de constructeur automobile en Nouvelle-Aquitaine, mais cela ne veut pas dire que nous ne nous intéressons pas au transport autonome. Nous travaillons sur des sujets de sécurisation, de positionnement précis, de cartographie 3D, sur tout ce qui est interface homme-machine. Les notions de sureté de fonctionnement de façon globale sont vraiment les points forts de notre cluster", déclare Florence Ghiron, présidente du cluster Topos, créé à l'initiative du Conseil régional en 2006, et qui rassemble des acteurs régionaux spécialisés dans les solutions et services de mobilité intelligente. En l'occurence, ils ne s'intéressent pas aujourd'hui au véhicule individuel autonome. Les transports publics, les navettes et le train sont en revanche dans leur viseur.
Le train du futur a notamment fait l'objet d'un projet collaboratif entre 2016 et janvier 2019. Cofinancé par la Région Nouvelle-Aquitaine, il avait été baptisé Kapilarra avec aux manettes Topos pour assurer la gestion administrative et financière ainsi que les entreprises Thales et Geosat (qui vient de lever 10 M€) pour la partie opérationnelle. "Alors que nous maîtrisons très bien chez Thales la navigation satellitaire pour les avions, nous avons entamé une démarche de transfert pour appliquer ces technologies à la navigation terrestre", explique Philippe Laviron, directeur innovation de l'activité transports terrestres de Thales.
C'est désormais à l'opérateur de prendre le relais. "Et cela n'engage que moi, mais on peut penser que la Nouvelle-Aquitaine sera une région où auront lieu des essais, poursuit Philippe Laviron. La Région a fait preuve d'initiative avec ce projet qui consistait à démontrer que des solutions matures existent en vue d'un déploiement. La problématique était clairement posée. Comment pourrions-nous sauver des lignes ferroviaires ? Kapilarra, en basque, veut dire petites voies."
Le cluster Topos dispose de savoir-faire en matière de positionnement précis et une grosse brique connectivité. "Mais notre stratégie consiste plutôt à viser des sujets opérationnels à court ou moyen terme avec des sujets qu'on espère voir déboucher", insiste Florence Ghiron. Parmi eux, celui qui est porté par la SEML Route des Lasers qui étudie l'opportunité de mettre en place un véhicule autonome fonctionnant à l'énergie renouvelable sur l'axe Le Barp - Marcheprime en Gironde. Les zones d'activités Laseris 1 et 2, qui accueillent au Barp une trentaine d'entreprises soit environ 300 personnes, sont enclavées, sans transport en commun. Résultat : 99,9 % des salariés se rendent au travail en voiture et il est difficile pour les stagiaires et universitaires non véhiculés de s'y rendre. L'enjeu de mobilité est donc évident. Mais ce n'est pas le seul :
Une étude d'opportunité et de faisabilité, qui bénéficie du soutien du Pays du Bassin d'Arcachon et du Val de l'Eyre (via le fond Leader) et de la Région Nouvelle Aquitaine est actuellement en cours. Elle a débuté en avril pour une durée de 4 mois. Les entreprises et salariés présents sur la zone sont d'ailleurs actuellement sollicités par Kisio Etudes et Conseil, bureau d'étude mandaté par la SEML Route des Lasers.
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Il s'agit d'un projet qui tient particulièrement à cœur de Topos. "Aujourd'hui, on essaie d'acculturer les gens à ces nouveaux modes de transport avec des expérimentations de quelques semaines mais nous ne sommes pas encore dans des solutions dont on démontre l'utilité dans le cadre d'un transport public", commente Florence Ghiron.
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Et de donner l'exemple de Libourne qui a testé l'année dernière une navette autonome pendant le festival Fest'arts. Une navette sera également expérimentée cet été à Lacanau. La Rochelle avait pour sa part été pionnière en testant dès 2008 des démonstrations de véhicules du futur automatisés dans le cadre du projet européen CityMobil. "En l'occurrence, l'agglomération se positionne aujourd'hui sur plusieurs projets européens pour tester l'usage de véhicules autonomes dans le centre-ville notamment pour aider les personnes à laisser leurs voitures à l'extérieur. Parler d'exploitation opérationnelle, c'est parler de rendre un service de mobilité aux personnes, et c'est ce sur quoi nous travaillons", explique Florence Ghiron.
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