Avec l'épidémie de coronavirus, les marchés internationaux, déjà affaiblis par la crise sino-américaine, devraient continuer à être perturbés. Une aubaine pour le groupe Lectra, qui compte en profiter pour muscler son offre technologique en rachetant des startups, grâce à son excellente santé financière.Le groupe Lectra, à Paris et Cestas (Gironde), leader mondial de la conception et de la fabrication de systèmes de découpe de matériaux souples (cuir, tissus...), vient de dévoiler les résultats consolidés du groupe pour le 4e trimestre et l'ensemble de l'année 2019.
"Le 4e trimestre est conforme à nos attentes, avec un recul de 9 % des commandes, ce qui est un peu décevant. Ceci dit, nous sommes raccord avec les prévisions que nous avons communiqué au marché", recadre pour La Tribune Daniel Harari, PDG de Lectra, le groupe étant coté en bourse.
Le chiffre d'affaires du groupe est ainsi passé à 74,2 M€ au 4e trimestre 2019, en retrait de 2 % sur un an à données comparables (chiffres 2019 traduits aux cours de change 2018). De la même manière le résultat opérationnel est en retrait sensible, de -10 % sur un an (idem) à 11,2 M€. Le résultat net trimestriel reste positif, à 8 M€, mais recule (à données réelles) de -7 % sur un an (8,6 M€ au 4e trimestre 2018). Par contre le cash-flow libre, correspondant à la trésorerie générée par l'activité, enregistre une évolution très positive, à 18,1 M€, soit une hausse de 41 % sur un an.
Une trésorerie nette à l'insolente bonne santé
Présent sur tous les continents Lectra n'échappe pas aux fortes turbulences du marché mondial. Après le bras de fer commercial entre les Etats-Unis et la Chine, qui semble sur le point de se terminer, la bombe virale du coronavirus partie de Wuhan menace à son tour de paralyser les échanges. Même si cette dernière est passée inaperçue à ses débuts, en décembre 2019, elle donne la couleur à une année commerciale rythmée par l'instabilité. Lectra, dont les bases financières sont d'une rare solidité, a encaissé le coup sans décrocher de son modèle de développement.
En 2019, le chiffre d'affaires annuel se tasse de -3 %, à données comparables, pour atteindre 280 M€. Tandis que le résultat net progresse de 2 % (à données réelles) pour atteindre 29,3 M€. Du côté des fondamentaux, la croissance est à l'ordre du jour. Le cash-flow libre se monte ainsi à 36,2 M€ fin 2019 (+67,5 % sur un an), tandis que les capitaux propres atteignent la barre des 183 M€ (+7,3 %) et la trésorerie nette celle des 120,6 M€ (+18 %). Montant que la trésorerie nette affiche après paiement du dividende de 12,8 M€ au titre de l'exercice 2018 et le décaissement de 8 M€ pour régler l'acquisition, le 15 juillet dernier, de la société innovante belge Retviews, dont la technologie permet aux marques de la mode d'analyser en temps réel les données de marché pour prendre les meilleures décisions, grâce à des algorithmes d'intelligence artificielle.