Un Bordeaux GeekFest virtuel, aux pertes économiques bien réelles
Maxime Giraudeau
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Photo d'illustration
Bordeaux GeekFest / Lenno
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Après l'annulation de la 6e édition du BGF, qui devait se dérouler du 22 au 24 mai 2020 au Parc des expositions de Bordeaux, l'entreprise Lenno, organisatrice de cet événement dédié à la culture geek, a tenu à proposer une alternative. Avec une promesse : un festival virtuel tout aussi complet, divers et stimulant que la version réelle. "Il nous fallait apporter, recréer une interaction entre les participants", fait valoir Romain Uhel, responsable production événement chez Lenno.
Si la satisfaction des participants sera à mesurer, le dispositif permet déjà de s'affranchir des barrières géographiques. Le BGF, en mode virtuel, va ainsi accueillir un nombre inédit de 150 invités pour des conférences sur la pop-culture avec des youtubeurs, dessinateurs et auteurs notamment. Côté public, l'accès au petit monde virtuel sera plafonné à 3.000 participants pendant deux jours non stop, contre 30.000 visiteurs revendiqués l'an dernier, pour un prix unique de 25 € la place. Mais concrètement, comment ça va se passer ?
Les équipes du BGF ont créé un environnement virtuel sur lequel les participants devront se rendre en téléchargeant un logiciel. Après avoir façonné leur avatar, les festivaliers entreront dans un microcosme et auront le choix parmi 300 heures d'activités réparties sur deux jours. Salles de conférences, terrains de sport, scènes de musique, le tout sur une île - virtuelle bien sûr - où 3000 personnages animés déambuleront. Une expérience originale qui, sur le papier, promet beaucoup.
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Et pourtant, malgré cette ambition affichée, Lenno, qui compte sept équivalents temps plein, va subir des pertes certaines suite aux annulations en cascade. L'édition 2020 d'Animasia au Haillan a par exemple été reportée à 2021. "Cette capacité de rebond, cette volonté de proposer autre chose c'est intimement lié à un instinct de survie. Nous voulions proposer quelque chose à notre public. Mais ça va surtout nous permettre de survivre, pour que l'on puisse reprendre l'activité en octobre avec Animasia [ndlr : 10 et 11 octobre à Bordeaux]. L'idée, pour l'instant, c'est de pouvoir pérenniser les emplois. On a encore du mal à mesurer les pertes", témoigne Damien Beigbeder. Et au-delà, c'est l'univers du jeu vidéo à Bordeaux qui craint pour la suite. Deuxième pôle de production de jeux vidéos indépendants en France, l'écosystème est composé de petites structures qui pourraient être les premières perdantes de la crise.
Maxime Giraudeau