Combien de startups, d'inventeurs ou de petites entreprises ont butté, ces dernières années, sur un projet d'industrialisation de leurs technologies ? Le chiffre, s'il était connu, donnerait des maux de tête au monde économique. Dans le domaine du solaire, on pourrait même parler d'insolation. Depuis son laboratoire de recherche de Lausanne, en Suisse, le professeur de chimie Michael Grätzel l'a vécu mieux que personne. Ce chercheur d'origine allemande est l'inventeur de cellules photovoltaïques parmi les plus innovantes au monde. Des composants légers, bi-face et recyclables... mis au point il y a bientôt 30 ans. Les recherches de développement, maintes fois financées, n'ont jamais abouti à la bonne formulation industrielle. L'avenir des cellules Grätzel est alors devenu très nuageux.
L'éclaircie est arrivée le 14 juin dernier. Le projet intitulé Solar Transparencies, dédié à la recherche et la fabrication de ces panneaux nouvelle génération, va poser ses valises en Nouvelle-Aquitaine, la première région agricole et solaire de France en terme de puissance installée. Après plusieurs années de discussions, les porteurs du projet dont la Région, le professeur Grätzel et l'inventeur français Philippe Vitel ont officialisé leur collaboration. Objectif : lancer un site pilote d'ici 2025 pour produire ces panneaux légers à destination de l'agrivoltaïsme ou du solaire urbain. Telle une revanche pour la Région, qui avait échoué cet hiver à faire venir l'entreprise Carbon et son projet de mégafactory de panneaux solaires. Il n'en reste pas moins un défi de taille même si la technologie est déjà maîtrisée et éprouvée.