Certaines ressources du sous-sol, encore sous-exploitées, pourraient bien être les game changer de la transition énergétique. C'est ainsi que l'on voit monter en France les sujets autour de la géothermie, de l'hydrogène naturel (ou blanc) ou du lithium. Mais pour exploiter ces ressources, souvent à d'importantes profondeurs sous terre, il faut des outils permettant de tirer profit des nombreuses données en tout genre qui permettraient de modéliser le sous-sol.
C'est à l'absence d'outils adaptés à ces sources d'énergies renouvelables que veulent répondre Sébastien Lacaze, ex-fondateur de Eliis (diagnostic géologique pour le secteur pétrolier, rachetée en mai 2024 par un fonds d'investissement), et ses associés Ehssan Mesbahi et Nicolas Cami, en fondant la start-up Look Up Geoscience à Montpellier.
« Les méthodes appliquées pour le pétrole ne sont pas adaptées,indique Sébastien Lacaze, qui est également le président de la French Tech Méditerranée.Les acteurs du secteur des énergies nouvelles cherchent des flux de chaleur ou d'hydrogène, ou une zone avec un gradient de chaleur, et non des réserves fossiles offshore comme pour le pétrole. C'est plus difficile à identifier. Et l'exploitation des ressources du sous-sol est encore une économie naissante, qui n'a pas les mêmes moyens financiers que le secteur pétrolier. Les géophysiciens utilisent plusieurs logiciels pour traiter les données sismiques, gravimétriques, magnétiques, satellitaires, de pluie, etc. afin de modéliser le sous-sol, ce qui n'est pas efficient. Ils ont besoin de logiciels pour agréger les données. »
Lithium de France, créée en 2020 à Haguenau (Bas-Rhin), se positionne sur la fourniture de chaleur et la production de lithium en Alsace du nord. Une activité de géothermie profonde qui se travaille aux alentours des 2 000 mètres de profondeur. Alexis Messant, géomathicien chez Lithium de France, confirme : « Nous avons besoin de visualiser des données sur les sous-sols à des profondeurs où il existe très peu d'information, sur les caractéristiques des roches, leur âge, la température des fluides qui circulent, les risques de sismicité... Autant d'informations qu'on obtient dans des formats différents qu'il est ensuite difficile de manipuler avec des outils ordinaires. Des outils adaptés nous feront gagner du temps ».