Couac gouvernemental sur les secteurs sensibles

Ce pourrait être un des couacs de cette fin d'été. Au sein du gouvernement, le malaise est tangible sur la question de cette fameuse liste des secteurs sensibles sur lequel l'État pourra imposer un veto à un rachat d'entreprise par un investisseur étranger. Au départ, le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie voulait montrer à Bruxelles que la France se mettait en conformité avec la directive européenne sur les OPA. Au final, c'est exactement l'inverse qui s'est passé : la France a donné l'impression de vouloir sanctuariser ses entreprises et de fermer la porte aux appétits extérieurs. D'où un agacement - c'est un euphémisme - du côté des instances européennes. Et un peu de moqueries chez nos voisins où l'on s'efforce aussi de protéger ses entreprises sensibles mais avec un peu plus de discrétion. Même si Berlin n'hésite pas à modi- fier sa législation ad hoc pour empêcher la vente du moto- riste MTU au fonds américain Carlyle. À Bercy, certains se mordent les doigts, regrettant l'effet négatif de ces annonces sur les investisseurs étrangers qui jusque-là plébiscitaient l'Hexagone. Quant aux chefs d'entreprise français, ils sont nombreux - tel le patron d'Axa, Henri de Castries (voir pages 20 et 21) - à déplorer cette caricature de protectionnisme au nom du nouveau concept français de "patriotisme économique". Olivier Provost

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