Le gouvernement prêt à choyer les fonctionnaires jusqu'en... 2007

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On ne sait encore combien ni comment, mais une chose est sûre : le gouvernement s'apprête à lâcher du lest sur les salaires des fonctionnaires... jusqu'aux échéances électorales de 2007. Recevant hier les sept fédérations de fonctionnaires, Renaud Dutreil, le ministre de la Fonction publique, a proposé une méthode et un calendrier précis pour répondre aux attentes des fonctionnaires sur le pouvoir d'achat. Certes, aucune mesure précise et chiffrée n'est sortie de cette rencontre. C'est le 29 mars que le ministre soumettra aux syndicats ses propositions concrètes sur la revalorisation des traitements en 2005 et 2006. Pour les syndicats, le message est clair : le gouvernement va annoncer ce jour-là une mesure générale, au titre de 2005, relevant le point d'indice d'environ 1 %, qui s'ajoutera aux hausses déjà actées fin décembre (0,5 % au 1er février et 0,5 % au 1er novembre). Mais le ministre de la Fonction publique compte aller plus loin en proposant aux syndicats un calendrier pluriannuel de hausse des salaires des fonctionnaires sur les deux années 2005 et 2006.Calendrier pluriannuel. Deux scénarios ont été proposés hier par Renaud Dutreil aux syndicats (voir encadré). Un scénario classique qui prévoit des mesures générales étalées sur deux ans. Un autre, plus innovant, qui introduit un élément variable dans la rémunération en liant une partie des hausses de salaires à l'évolution de la croissance. Les syndicats se sont contentés d'enregistrer les propositions, sans prendre position sur le fond. Car leur position est unanime : ils refusent d'entrer dans les discussions avant de connaître les intentions précises du gouvernement sur la revalorisation du point d'indice pour 2005. Alors que les négociations salariales avaient été rompues fin décembre, faute d'avoir pu trouver un terrain d'entente entre les revendications chiffrées des syndicats sur le pouvoir d'achat et l'objectif de rigueur budgétaire affiché par le gouvernement, le discours tenu hier par Renaud Dutreil marque un revirement très net de la politique gouvernementale. Le ministre s'est montré à l'écoute du "malaise" exprimé par les fonctionnaires lors des manifestations des 20 janvier, 5 février et 10 mars. Ce malaise, il l'a "bien entendu" et "compris". "Sur la question salariale, nous souhaitons sans perdre de temps répondre aux préoccupations des agents, a-t-il déclaré hier. Je souhaite que nous cherchions une solution juste pour les agents et raisonnable pour les finances publiques".Revirement. Outre la question salariale, le ministre souhaite établir avec les syndicats une "feuille de route" sur les perspectives individuelles des agents publics : déroulement de carrière, affectations, valorisation de l'expérience. A plus long terme, le gouvernement veut engager une réflexion de fond sur le rôle de l'Etat qui sera confiée au Commissariat général au Plan. En quelques semaines, la politique du gouvernement vis-à-vis des fonctionnaires a bien changé. Plus question d'amener les syndicats dans un "donnant donnant" qui se traduirait, selon le souhait de Nicolas Sarkozy et de l'ensemble de la majorité UMP, par "des fonctionnaires mieux payés et moins nombreux". La montée de la grogne sociale et la progression spectaculaire des tenants du non au référendum européen auront eu raison de la politique de rigueur budgétaire affichée jusqu'à présent.Delphine GirardLes deux scénarios de hausse salariale de DutreilLe ministre de la Fonction publique a proposé aux syndicats deux scénarios de hausse des salaires pour les années 2005 et 2006. Premier scénario : en plus des augmentations déjà actées pour 2005 - soit 0,5 % au 1er février et 0,5 % au 1er novembre -, les fonctionnaires bénéficieraient de trois mesures générales : l'une en 2005, en un ou deux temps, une autre au 1er trimestre 2006 et une troisième au 3e ou 4e trimestre 2006. Les négociations salariales pour 2007 s'ouvriraient au 3e trimestre 2006. Le second scénario serait plus innovant puisque les mesures générales 2005 et 2006, s'ajoutant aux hausses déjà prévues en 2005, comporteraient deux parties : l'une fixe et l'autre variable et conditionnée à l'évolution de la croissance.

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