Bruxelles place l'énergie au coeur du futur accord de coopération avec la Russie

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L'attention portée par les autorités européennes à la stratégie conquérante de Gazprom sur le Vieux Continent s'est encore accrue en ce début de semaine avec l'annonce du projet d'" accord stratégique " entre l'italien ENI et le géant gazier russe. Le hasard a voulu que ce soit ce 3 juillet que la Commission européenne adopte et propose aux Vingt-Cinq un mandat de négociation avec Moscou d'un nouvel accord qui ferait une large part aux questions énergétiques. " Il est d'une grande importance ", a souligné la commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, que " l'intérêt mutuel de l'Union européenne et de la Russie dans une coopération énergétique soit traduit en termes concrets dans un nouvel accord ".De fait, la Russie est aujourd'hui le plus important fournisseur d'énergies fossiles et d'uranium de l'Union, avec 25 % du gaz, du pétrole et de l'uranium consommés par les Vingt-Cinq. Dans l'autre sens, note Bruxelles, l'Union est appelée à rester le principal acheteur d'énergies russes et la source la plus grande d'investissements étrangers dans ce pays.Mesures ambitieuses. Le nouvel accord préconisé par la Commission, qui succéderait fin 2007 à l'Accord de coopération et de partenariat (PCA) en vigueur depuis dix ans, aurait pour objectif de créer une convergence entre les politiques énergétiques des deux parties à travers une série de dispositions concrètes. Le champ balayé par le projet est, en effet, ambitieux. Il est ainsi question, tout d'abord, de réciprocité dans les conditions d'investissement, y compris la suppression de toute limite aux participations étrangères, et de rapatriement des capitaux.La Commission parle ensuite d'ouverture réciproque et effective des marchés, en termes d'accès aux ressources, aux marchés et aux infrastructures de transport, fondée sur les principes de transparence et de non-discrimination. Ces critères sont présentés comme essentiels aussi dans le cadre de l'utilisation des infrastructures de transit du pétrole et du gaz.À cet égard, fidèle au concept des grands réseaux transeuropéens, la Commission évoque le développement de projets d'infrastructures d'intérêt commun, dont elle devrait préciser, le moment venu, qu'ils devront être cofinancés. L'accord embrasserait aussi d'autres aspects, comme la coopération en matière d'économie d'énergie, d'efficacité énergétique, de sources alternatives, de protection de l'environnement, etc., mais aussi de sécurité et de sûreté des transports d'énergie. Ces dispositions s'inscriraient dans le champ plus large de la coopération économique et commerciale, avec en ligne de mire, une fois la Russie membre de l'Organisation mondiale du commerce, la mise en place progressive d'un libre-échange des produits, des services et des capitaux.Présent hier à Helsinki où il a encouragé la présidence finlandaise de l'Union à incarner " l'Europe des résultats ", le président de la Commission, José Manuel Barroso a confirmé que cet accord de libre-échange n'interviendra qu'après l'adhésion de la Russie à l'OMC - adhésion qui est loin d'être garantie - dans le cadre d'un calendrier " qui reste à établir ". De même, l'UE insiste pour inclure dans l'accord un volet " dialogue politique et sécurité extérieure ".

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