Protection sociale : Sarkozy ouvre la porte au privé

Devant les partenaires sociaux, Nicolas Sarkozy a lancé hier, depuis l'Élysée, une vaste réforme de la protection sociale. Le président de la République a décrit la quadrature du cercle de la Sécu : notre système traverse une crise financière, avec des déficits à répétition. " On ne peut plus continuer à reporter sur nos enfants la charge de nos protections d'aujourd'hui. On ne peut pas non plus continuer sans cesse à accroître les prélèvements obligatoires que payent les Français ".Dès lors, que faire ? Le président a confirmé hier son projet de développer les assurances individuelles. Pour répondre aux besoins croissants des personnes dépendantes, Nicolas Sarkozy veut, certes, créer un " cinquième risque de protection sociale " en 2009. " Mais il est évident que l'on ne peut pas tout attendre de l'État, relève-t-il. Nous devons donc réinventer les frontières de la prévoyance individuelle et collective, de la responsabilité individuelle, de la solidarité familiale et de la solidarité nationale ".Mêmes conclusions concernant notre système de santé. Sur fond d'un déficit prévu de l'assurance-maladie de 6,2 milliards d'euros en 2007, le président déclare qu'il faut s'interroger sur la " place respective de la solidarité, de l'assurance et de la responsabilité individuelle ", à côté des questions de maîtrise des dépenses (en particulier de prescription de médicaments et d'arrêts de travail) et des affections de longue durée. Sans basculer vers un système privé, l'Élysée veut faire évoluer l'État providence, ce qui ouvrira un nouveau marché aux compagnies d'assurances et aux mutuelles, qui l'attendent depuis quinze ans.La présentation du programme et de l'agenda des réformes s'est accompagnée d'une annonce forte en direction des retraités les plus fragiles. Nicolas Sarkozy s'est engagé à verser en avril une prime de 200 euros pour les 600.000 bénéficiaires du minimum vieillesse, une " avance à valoir " sur la revalorisation de 25 % des " petites retraites " promise pendant sa campagne électorale. Cette mesure devrait être financée par le fonds de solidarité vieillesse. Un peu plus tôt, le Premier ministre avait annoncé sur RMC et BFM TV qu'il allait " proposer " pour 2008 une augmentation de 5 % du minimum vieillesse. Cette annonce intervient alors que la cote de popularité du chef de l'État a subi ces dernières semaines une baisse significative, due en grande partie à l'inquiétude des Français concernant le pouvoir d'achat.UNE PERIODE DE CONCERTATION PROLONGEEEn mars prochain, le ministre du Travail et de la Solidarité et celui de la Fonction publique recevront les partenaires sociaux pour amorcer la réforme des retraites dans son ensemble, et aboutir à un projet de loi déposé au Parlement " d'ici la fin du premier semestre ". Le chef de l'État a également confirmé la présentation d'un projet de loi sur la modernisation de la santé, si possible d'ici à l'été, dédiée à l'accès aux soins, à la réforme de l'hôpital et à la mise en place des agences régionales de santé. Les responsables des organisations syndicales ayant estimé qu'ils trouvaient trop serré le calendrier de la concertation, Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à prolonger de " quelques semaines ", voire de " quelques mois ", jusqu'en septembre, la concertation avec les partenaires sociaux sur les questions de santé.Il a, par ailleurs, souhaité que les états généraux de la santé puissent déboucher sur des " mesures opérationnelles ", notamment en matière de " régulation des dépassements d'honoraires ". S'agissant de la politique familiale, Nicolas Sarkozy a précisé que le prochain haut conseil de la famille devrait " consacrer ses premiers travaux à la question de la garde des enfants ".

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