Le Haut Comité sur les OGM contesté

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Les organismes génétiquement modifiés (OGM) en sursis ? Le président de la République a indiqué hier qu'il prendrait la décision d'activer ou non la clause de sauvegarde " dans les tout prochains jours ". Lors de sa conférence de presse à l'Élysée mardi, il avait indiqué qu'il recourrait à cette clause si le comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM soulevait " des doutes sérieux sur les OGM actuellement cultivés en France " . En l'occurrence le maïs Mon 810 (Monsanto), seul OGM actuellement autorisé à la culture en France.Or, c'est exactement ce qu'a fait le lendemain le président de la commission ad hoc, Jean-François Le Grand. La commission a " relevé un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs impactant notamment la flore et la faune ", a indiqué le député (UMP) de la Manche, faits qui introduisent des " doutes sérieux sur l'usage du Mon 810 ". Soit, au terme près, ce qu'attend le président de la République pour invoquer la clause de sauvegarde auprès des autorités bruxelloises.Cette proximité des propos a fait bondir les céréaliers. " L'utilisation de l'expression doutes sérieux " par le comité ad hoc " ne correspond à rien d'autre qu'à une référence orientée et complaisante à des termes employés par le président ", persiflent-ils dans un communiqué de l'Orama, un organisme qui fédère trois associations céréalières affiliées à la FNSEA. Une façon de dire que les conclusions de la Haute Autorité sont cousues de fil blanc et n'ont été écrites que pour permettre au gouvernement de justifier sa demande auprès de Bruxelles.Les céréaliers ont trouvé un allié de poids en la personne du président de l'Assemblée nationale. Bernard Accoyer, lui aussi, conteste vivement l'avis de la Haute Autorité sur les OGM. Il demande que les décisions en la matière soient basées sur " de véritables conclusions scientifiques ". Il suggère ainsi implicitement que celles de la Haute Autorité actuelle ne le sont pas.SOUPCONSDans cette affaire, très polémique dès le départ, le déroulé du calendrier, la confusion dans les annonces d'abandon d'abord puis de report du projet de loi sur les OGM ensuite, et, enfin, les similitudes dans l'expression et le vocabulaire employés lors des exercices de communication, tous ces détails mis bout à bout donnent en effet le sentiment que tout semble avoir été fait pour satisfaire les intérêts du gouvernement. Les associations écologistes réfutent fermement ces accusations. " Il est regrettable " que la stratégie des anti-OGM " ait pu attirer l'attention du président de l'Assemblée nationale ", regrette France nature environnement.

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