Quand la banlieue fourmille de projets

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Le lieu n'a pas été choisi au hasard. C'est dans la ville de Vaulx-en-Velin, théâtre des émeutes de 1990, que Fadela Amara, secrétaire d'État chargée de la politique de la ville, présente aujourd'hui les grands axes du Plan banlieues du gouvernement. Mais les détails du plan, dont la préparation connaît quelques flottements, ne seront annoncés que début février par le président de la République, dans un lieu encore inconnu.Pour Abdellah Aboulharjan, directeur de l'association Jeunes Entrepreneurs de France (JEF), " ce n'est pas un énième plan banlieues qui va changer les choses. Beaucoup d'argent est dépensé dans les banlieues, mais on ne sait pas quels en sont les résultats, ni qui en bénéficie. Le vrai plan serait d'intensifier certaines actions menées sur le terrain. " Abdellah Aboulharjan parle d'expérience. En 2002, ce jeune chef d'entreprise, issu du quartier du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, décide, avec Aziz Senni, lui aussi entrepreneur de Mantes et auteur du livre L'ascenseur social est en panne, j'ai pris l'escalier *, de créer l'association Jeunes Entrepreneurs du Mantois, devenue JEF en 2006. Leur idée ? Promouvoir la création d'entreprise dans les quartiers en proposant aux moins de 35 ans de les aider à monter, puis à réaliser leur projet. La JEF leur consent des prêts qui sont cautionnés par Oseo. Mais lorsque les sommes dépassent les 30.000 euros, c'est la société de capital-risque Business Angels des Cités (BAC, un clin d'oeil à la brigade anticriminalité) qui prend le relais.Le projet de Rajaa Bel Mahrez, Medina Shop (site Internet de vente d'artisanat marocain), a été financé par BAC. Issue du Val-Fourré, la jeune femme, titulaire d'un master de l'Institut français de la mode, a ainsi pu repositionner, sur le plan marketing, le site qui proposera dans un mois une nouvelle collection d'objets orientaux au style plus épuré.Élevé à Saint-Ouen, Raoul Sodjinou, d'origine béninoise, est en plein montage du business plan de son projet : un " conceptstore " multiculturel, proposant des produits de beauté tenant compte des origines et des types de peaux. Il devrait voir le jour à la fin de l'année. Avec JEF et BAC, " on a une véritable aide pour créer une entreprise, sans être obligé de recourir au système D ", se félicite-t-il.LES CLES DE LA REUSSITEUn gage de sécurité pour assurer la pérennité des entreprises qui semble efficace. " Au bout de trois ans, 75 % des entreprises créées existent encore, contre 66 % en moyenne nationale ", se félicite Abdellah Aboulharjan. Après Mantes-la-Jolie, Trappes et Gennevilliers, les Jeunes Entrepreneurs de France viennent d'ouvrir une quatrième antenne à Dijon, avec le soutien de la fondation du groupe Saur, présidé par Nordine Achemi.(*) Éditions l'Archipel, 2005.

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