Municipales : 36.000 enjeux locaux... et la menace d'un vote sanction

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Cette fois on entre dans le vif du sujet. Dans un mois, les 9 et 16 mars, se dérouleront les élections municipales et cantonales. 36.782 maires et près de 500.000 conseillers municipaux se soumettront au suffrage des électeurs, tandis que la moitié des cantons sera renouvelée. Élection présidentielle oblige, en 2007, les élus municipaux sortants ont bénéficié d'un an de plus pour peaufiner leurs réalisations.Près des deux tiers des Français affirment qu'ils se détermineront d'abord en fonction des personnalités et des projets municipaux des candidats. De fait, une élection municipale se gagne d'abord sur des enjeux locaux. Sachant que 34.000 communes comptent moins de 3.500 habitants, elle se joue même sur des questions très concrètes, telles que l'organisation de la collecte des ordures ménagères, l'extension d'un lotissement, ou encore la rénovation de l'école primaire ou de la salle des fêtes. Logement et urbanisme, transports urbains, écoles et accueil de la petite enfance, gestion des déchets, de l'eau, de l'environnement... les compétences des maires sont vastes.UN TEST POLITIQUE NATIONALMais ces élections seront aussi bien sûr un test politique national, comme il en a toujours été dans le passé. Que l'on se souvienne des trophées de la gauche en 1977, avec la prise de villes comme Angers préfigurant la victoire de François Mitterrand en 1981. Ou bien de la déconvenue de cette même gauche deux ans plus tard, en 1983, avec l'apparition du Front national à Dreux.Cette fois, le test portera sur la politique menée par Nicolas Sarkozy depuis dix mois. Or, la conjoncture est plutôt mauvaise pour le chef de l'État, qui rassemble désormais une majorité de mécontents dans les sondages d'opinion. Les raisons de ce brutal décrochage sont bien connues : constat d'impuissance sur le pouvoir d'achat (" les caisses sont vides "), propositions décapantes du rapport Attali, politique étrangère déroutante (avec l'épisode Kadhafi), sans compter la " bling-bling " attitude présidentielle...Le psychodrame joué ce week-end à Neuilly illustre l'ampleur du malaise qui règne dans les troupes UMP, jusque dans le fief de Nicolas Sarkozy. En butte à l'hostilité des militants locaux, David Martinon, parachuté par l'Élysée, a été lâché par ses colistiers... et donc aussi par le chef de l'État, soucieux de ne pas essuyer d'échec à Neuilly. Et les sondages publiés récemment ne sont pas de nature à rassurer la majorité, qui a d'ailleurs perdu un siège à Chartres au profit du PS, le 3 février, lors d'une élection législative partielle.Le PS - grand vainqueur des élections cantonales et régionales en 2004 - mise bien sûr sur une politisation du scrutin. Mais il reste prudent. En 2001, les sondages avaient annoncé une vague rose... Finalement, la vague avait été bleue : la droite avait gagné 35 villes de plus de 30.000 habitants, le PS remportant Paris et Lyon, deux prises de taille il est vrai.LIMITER L'AMPLEUR DU RESSACTout l'enjeu pour l'UMP aujourd'hui est de limiter l'ampleur du ressac de cette vague bleue. Une vingtaine de villes de plus de 30.000 habitants pourraient basculer ou revenir à la gauche. Les grandes villes ont majoritairement voté Ségolène Royal, en 2007. La majorité est à la peine à Caen, Laval, Tarbes, Cahors, Rouen ou Blois. Le scrutin s'annonce serré à Marseille, Toulouse ou Strasbourg. Quant à Paris et Lyon, les espoirs pour l'UMP sont bien minces. La droite pourrait cependant se rattraper en prenant le contrôle de la communauté urbaine de Lyon.Ces élections seront aussi l'occasion pour le Modem de se compter. Ses candidats sont plutôt novices en politique, et sa stratégie avant tout locale : le Modem a noué des alliances avec des candidats PS (à Dijon) et UMP (à Bordeaux). François Bayrou espère l'emporter à Pau. Le FN mise, lui, sur l'élection de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Quant au PC, il joue sa survie en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.

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