Opération " coup de poing " sur les prix des produits alimentaires

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Le choc causé par l'enquête réalisée par 60 Millions de consommateurs sur l'envolée des prix des produits alimentaires (" La Tribune " d'hier) provoque une tempête politique. Le président du groupe UMP, Jean-François Copé, a appelé le gouvernement à " agir dare-dare " pour assurer " la transparence des prix ". À Matignon comme à Bercy, les relevés effectués par l'Institut national de la consommation ont surpris, certaines hausses semblant bien supérieures à l'augmentation des produits agricoles correspondants (céréales, lait, porc). Saisissant la balle au bond, le Premier ministre a décidé de prendre le dossier en main. À l'issue d'une réunion d'urgence avec les ministres concernés, François Fillon a dénoncé les " abus de la part des industriels et des distributeurs qui profitent [des] hausses des matières premières agricoles pour accroître leurs marges ". Il a donc annoncé une opération " coup de poing " dès ce matin par les services du ministère de l'économie avec pour objectif " de voir où sont les abus ". Le Premier ministre a par ailleurs demandé la publication dès le 10 mars " des premiers résultats de l'Observatoire des prix et des marges ", créé en novembre 2007. " Un premier panel, portant sur vingt produits phares, sera analysé d'ici à la fin de la semaine. "En clair, fournisseurs et distributeurs, qui se défendent chacun de leur côté de procéder à des hausses injustifiées, sont désormais placés sous haute surveillance politique, dans un climat d'autant plus difficile que le pouvoir est mis en cause pour son impuissance à régler le problème du pouvoir d'achat. Le constat d'un écart de prix qui peut atteindre 30 % pour le même produit entre un supermarché allemand et un français nourrit le soupçon que les consommateurs de ce côté-ci du Rhin se voient ponctionner une rente excessive par les industriels et la grande distribution, comme l'a dénoncé le rapport Attali sur les freins à la croissance.REFORME DES RELATIONS COMMERCIALESDernier élément de réponse évoqué hier à Matignon, le gouvernement met la dernière main à la réforme des relations commerciales qui figurera dans le projet de loi de modernisation de l'économie. Le texte, qui sera présenté dans la seconde quinzaine d'avril, va créer une Haute Autorité de la concurrence, dotée de pouvoirs renforcés. Il autorisera les distributeurs à négocier les tarifs de leurs fournisseurs. Enfin, il réformera les règles de l'urbanisme commercial (loi Raffarin) afin de faciliter l'implantation de grandes surfaces là où la concurrence est insuffisante." Cette fois, on y va pour de vrai ", commente-t-on à Matignon, conscient que les réformettes n'ont pas permis jusqu'ici d'éviter la flambée des prix. Pour autant, on voit mal comment le gouvernement peut espérer résoudre dans l'urgence un problème qui sévit à l'échelle mondiale. Alors que fournisseurs et distributeurs se reprochent mutuellement de profiter de l'augmentation des matières premières pour faire passer des hausses de marges, le gouvernement ne peut donc pas attendre de miracle sur les prix. Accélérer le calendrier ne présente guère d'intérêt : les négociations commerciales 2008 sont pratiquement bouclées, et il faudra attendre début 2009 pour que les nouvelles règles s'appliquent.

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