L'État supprimera plus de 30.000 postes en 2009

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C'est bien, mais ce n'est pas bouleversant. " C'est par ces mots que Philippe Marini, rapporteur général UMP du budget au Sénat, a accueilli l'annonce par le Premier ministre qu'en 2009 " au moins 30.000 " postes de fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés. En fait, ce devrait être entre 30.000 et 32.000 selon nos informations. Avec ce chiffrage, le gouvernement manquera de très peu la cible qu'il s'était fixée avec la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ce qui représente 34.000 postes l'an prochain. Éric Woerth relativise : " 30.000, c'est déjà beaucoup, pas loin de un sur deux. "13.500 DEPARTS AL'EDUCATION NATIONALELe ministre des Comptes publics souligne que " l'idée, c'est que bien sûr ce soit respecté durant le quinquennat ". Sur ces 30.000 départs non remplacés, 13.500 concernent l'Éducation nationale. Les syndicats d'enseignants font déjà part de leur mécontentement et envisagent des actions pour la rentrée. L'application stricte de la règle dite " du un sur deux " doit permettre de stabiliser la masse salariale en activité, un impératif au vu des contraintes qui pèsent sur le bouclage du budget et sur la trajectoire des finances publiques à l'horizon 2012.Éric Woerth, auditionné hier soir par la commission des Finances de l'Assemblée nationale, maintient que la France atteindra son objectif d'un retour à l'équilibre en 2012 avec un déficit public ramené à 2,5 % du PIB en 2008. Et ce malgré des rentrées fiscales moins dynamiques que prévu. Les recettes fiscales pourraient être inférieures de 3 à 5 milliards d'euros aux prévisions initiales. Les risques portent sur l'impôt sur les sociétés en raison des turbulences qui secouent le secteur financier et sur l'impôt sur le revenu. À l'inverse, les rentrées de TVA sont en ligne.Pour 2009, le gouvernement, qui retient une hypothèse de croissance comprise entre 1,75 % et 2,25 %, espère toujours ramener le déficit public à 2 % du PIB. Dans l'entourage du ministre, on reconnaît que ce sera difficile en raison, d'une part, de la charge de la dette qui, sur la période 2009-2011, devrait augmenter en moyenne par an de 1,5 à 2 milliards, d'autre part, de l'augmentation des pensions (entre 2 à 3 milliards de plus par an en moyenne) et des prélèvements sur recettes en faveur des collectivités locales et de l'Union européenne. Confronté à ces contraintes, Éric Woerth réitère néanmoins que les dépenses de l'État n'augmenteront pas plus vite que l'inflation sur la période 2009-2011.Les ambitions affichées par le gouvernement de tenir le cap en matière de réduction des déficits n'ont pas raison de tous les scepticismes. Y compris dans la majorité. " Le gouvernement nous dit que le déficit sera ramené à 2 % en 2009, à environ 40 milliards d'euros. C'est 10 milliards de moins qu'en 2007 mais nous ne disposons d'aucun élément pour expliquer cette amélioration ", déplore Philippe Marini. Pour le sénateur UMP, le risque de voir le déficit déraper n'est pas à sous-estimer. " Sauf correctif fort en 2008, la trajectoire peut conduire à franchir la barre des 3 % de déficit cette année et à y rester en 2009. "2009 : " LE TOURNANT DE LA LEGISLATURE" Selon lui, 2009 est d'ailleurs " le tournant de la législature ". En fonction du budget présenté, " on saura si le retour à l'équilibre en 2012 est crédible ou non ". En tenant compte des réformes et des dépenses engagées, cet objectif impose, d'après ses calculs, de faire 65 milliards d'euros d'économies. Parmi les pistes qu'il souhaiterait voir reprises par le gouvernement, Philippe Marini évoque la réduction des niches fiscales et sociales, en insistant particulièrement sur les allégements de charges sur les bas salaires qui coûtent aujourd'hui 20 milliards d'euros. Son idée serait d'abaisser de 0,1 point par an leplafond de ces aides qui aujourd'hui concernent les salariés jusqu'à1,6 Smic.

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