Marseille : la grève des traminots dans l'impasse

La fin de l'année 1995 n'aura pas signifié l'arrêt du conflit pour les traminots marseillais. Commencée sur fond de refus du plan Juppé pour se poursuivre pendant près de quatre semaines sur des intérêts plus catégoriels (protestation contre le statut adopté en 1993 pour les nouveaux arrivants et revendications salariales), le mouvement continue aujourd'hui, après un week-end agité. Vendredi, la réunion de concertation entre l'intersyndicale des grévistes de la Régie des transports marseillais (RTM) et le médiateur Henri Loisel, inspecteur général des services de la mairie de Marseille, a tourné court à l'hôtel de ville. Les négociations, démarrées à 11 heures, s'annonçaient pourtant bien. Le médiateur avait fait un pas supplémentaire. Tout en maintenant une enveloppe financière de 15 millions de francs, il proposait d'augmenter le point de base de 0,6 % dès le 1er janvier 1996 pour tous les personnels, et une hausse à la même date de 1 % pour les nouveaux recrutés dépendants du statut 2, tout en diminuant le temps de travail de 39 heures à 38 h 30 par semaine. Face-à-face entre traminots et forces de l'ordre Henri Loisel répondait ainsi aux voeux des grévistes visant à rapprocher l'ancien statut du nouveau. Mais, à 16 heures, les syndicats, appreant la présence des forces de l'ordre dans les stations de métro, ont quitté la table des négociations. En outre, une cinquantaine de militants ont reçu de la direction une assignation en référé pour « entrave à la liberté de travail ». Ils sont convoqués devant le juge aujourd'hui. « Alors que nous commencions à négocier, la répression vient de s'abattre », se sont indignés les grévistes. De son côté, Henri Loisel comprend la présence des policiers mais juge la manoeuvre maladroite en pleine négociation. Samedi matin, la direction de la RTM tentait le coup de force en brisant le piquet de grève pour ouvrir la première ligne de métro. Le face-à-face entre une quinzaine de CRS et une cinquantaine de traminots qui coupaient le courant par moments n'empêchait pas la circulation symbolique d'une première rame, sous haute protection des forces de l'ordre. En fin de matinée, Henri Loisel recevait à nouveau les grévistes pour reprendre la négociation interrompue la veille. Un marathon suspendu par la trêve du 1er janvier avec, pour les grévistes, un second réveillon passé dans les quatre dépôts marseillais. Mais qui n'a pas apporté la signature tant attendue. La mairie et les syndicats ont campé sur leurs positions. Hier, le médiateur faisait savoir qu'il était toujours disponible pour négocier. Mais aucune discussion n'est officiellement prévue aujourd'hui. De son côté, la RTM a décidé d'installer un service minimum entièrement gratuit, assuré par des autocars privés. Quant au métro, il devrait fonctionner sous protection des forces de l'ordre. Frédéric DUBESSY à Marseille

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