Marseille : les CRS interviennent, la grève continue

Alors que des signes de détente annonçaient une fin probable après vingt-neuf jours de grève des traminots marseillais, le conflit a connu hier une journée riche en rebondissements. Dès le matin, des huissiers venaient constater la présence, dans les quatre dépôts occupés, de barrages d'autobus obstruant les accès, de véhicules immobilisés pour cause de dégonflage et même de crevaison de pneus. Selon la Régie des Transports Marseillais (RTM), le coût pour remettre en état le parc s'élèverait à près d'un million de francs. Pendant toute la journée, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône a multiplié les tentatives pour réunir une table ronde avec le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, et les responsables syndicaux. Le tout sous l'autorité du préfet. A la tête du département, Lucien Weygand propose son aide financière (environ 8 millions de francs), pour résorber la différence de traitement entre les deux statuts de salariés. Les parties seraient d'accord pour abroger le nouveau statut adopté en 1993 et défavorable aux nouveaux arrivants. Les revendications concernent aussi des réductions du temps de travail, des revalorisations de salaire et du point de base, ainsi que des allocations forfaitaires. La ville a déjà annoncé qu'elle n'irait pas au-delà d'une somme globale de 15,4 millions de francs. Vers 16 heures, le conflit passait de la concertation au rapport de forces, avec l'intervention des CRS et des gendarmes mobiles dans le dépôt de La Capelette. Cela permettait à des chauffeurs non grévistes, sous protection policière, de sortir une dizaine d'autobus sans heurt. En fin de soirée, l'intervention des forces de l'ordre permettait de rendre possible la sortie des autobus dans trois des quatre dépôts occupés par les traminots. Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a justifié jeudi soir cette intervention en affirmant que « la liberté du travail n'était pas respectée », se référant à « des personnels grévistes cagoulés qui ont enpêché les personnels non grévistes de reprendre leur travail. En outre, certains personnels grévistes ont effectué de fortes dégradations sur les bus en dépôt ». Selon lui, « Il n'est pas possible de tolérer autant d'atteintes graves à la liberté du travail et de telles dégradations sur le bien public ». Frédéric Dubessy à Marseille

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