Strauss-Kahn tente d'apaiser les craintes des entreprises sur la fiscalité

Le gouvernement Jospin a vécu hier une de ses premières journées difficiles sur le front politico-financier. La confirmation par le porte-parole du gouvernement, Catherine Trautmann, des projets de taxation accrue des profits des entreprises dès 1997, a fait chuter la Bourse de Paris, qui a terminé sur un recul de 1,17 %. Du coup, le ministre de l'Economie, Dominique Strauss-Kahn, auditionné en fin d'après-midi par la commission des Finances de l'Assemblée, s'est employé à déminer le terrain, se refusant à confirmer le moindre projet... sans rien démentir. «L'entreprise profitable paiera. » Une hausse de l'impôt sur les sociétés « a été évoquée » en Conseil des ministres, avait déclaré Catherine Trautmann, précisant qu'il s'agirait de taxer davantage les entreprises « qui ont fait des profits ». Des mesures pourraient être soumises au Parlement lors de la « session extraordinaire de septembre », a-t-elle confirmé. De son côté, le premier secrétaire délégué du PS, François Hollande, avait déclaré que « s'il y a quelque effort supplémentaire à demander » sur le plan fiscal, il faudra le demander aux entreprises « qui ont été les plus prospères ces dernières années ». Et d'ajouter que « l'entreprise profitable paiera ». Il n'est pas question d'« un plan de rigueur », a répondu Dominique Strauss-Kahn à ces différentes interventions. Par plan de rigueur, on entend seulement des mesures d'économies ou des hausses d'impôt frappant les ménages, a précisé le président de la commission des Finances, Henri Emmanuelli. Devant les députés de la commission, pendant près de trois heures, « DSK » s'est employé à ne pas évoquer les projets de relèvement des impôts sur les bénéfices (il s'agirait de taxer plus fortement les plus-values). Interrogé par Jacques Barrot sur ces perspectives de hausses d'impôt, qui risquent de troubler la lisibilité des chefs d'entreprise, le ministre a répondu que celles-ci ont avant tout un problème de demande. Une façon de dire que le niveau de leurs profits est compatible avec une taxation accrue. Se voulant rassurant, « DSK » a confirmé sa volonté de faire figurer dans le budget 1998 des mesures de soutien à l'investissement. Interrogé sur le niveau des déficits publics, le ministre a confirmé qu'ils ne seront pas réduits cette année à 3 % du PIB. L'important n'est pas le « niveau » des déficits, mais « l'effort » pour les réduire. « DSK » estime qu'une réduction de 0,6 ou 0,7 point de PIB par an est possible, pas au-delà (le gouvernement Juppé avait prévu un passage de 4,2 % du PIB en 1996 à 3 % en 1997). Une manière de confirmer, implicitement, que les déficits se trouvent, en tendance, à un niveau supérieur à 3,5 %. Il a confirmé la volonté gouvernementale de réduire dès 1997 ces déficits laissés par Alain Juppé. Une situation inextricable. Par ailleurs, il a indiqué que le gouvernement songeait à remettre en cause le plan d'allégement de charges en faveur du secteur textile. Bruxelles nous impose soit d'étendre le plan textile à l'ensemble de l'économie (coût : 40 milliards), soit de rembourser les sommes versées. Une situation inextricable qui a été laissée par le gouvernement Juppé, a affirmé le ministre des Finances. Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Sautter, a quant à lui précisé que le décret d'avances, destiné à financer les premières mesures du gouvernement Jospin, porterait sur 12 à 13 milliards de francs. I. B.

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