Les États-Unis opposent les progrès de la technologie au protocole de Kyoto

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Les énergies fossiles sont à la base de nos économies et demeureront une réalité durant toute notre vie et au-delà." En une phrase, le communiqué final de la première rencontre des membres du "Partenariat Asie-Pacifique pour le développement propre et le climat" a résumé sa philosophie. Après deux jours de débat sur les gaz à effet de serre (GES) et les changements climatiques, hier et avant hier à Sydney, les 6 pays fondateurs de ce partenariat (Australie, Chine, Corée, États-Unis, Inde, Japon) ont tourné le dos au protocole de Kyoto et ses objectifs ambitieux de réduction des rejets de GES, et plaidé pour l'usage de nouvelles énergies telles que le nucléaire pour faire face à la hausse prévue de la demande mondiale d'électricité (+ 50 % en vingt ans). Il s'agit de "développer et utiliser des technologies propres avec moins d'émissions de gaz polluants afin de continuer à utiliser des carburants fossiles tout en gérant le problème de la pollution de l'air et des émissions de gaz à effet de serre", a indiqué le communiqué.Kyoto enterré ? C'est en juillet 2005 que les six pays, qui représentent ensemble environ la moitié du PIB mondial et des émissions de dioxyde de carbone (CO2), ont fondé le Partenariat Asie-Pacifique, immédiatement considéré comme un coup porté au protocole de Kyoto.La rencontre qui s'est achevée hier a conduit à la création de huit groupes de travail qui associeront les gouvernements et de grandes entreprises industrielles (Exxon Mobil, Rio Tinto, Peadbody Energy, Nippon Steel, NEC, Tokyo Electric Power, Energy conservation Investment, Shenhua...). Les États-Unis et l'Australie ont promis de financer à hauteur de 128 millions de dollars le Partenariat.Mais les ONG environnementalistes grognent. Pour Greenpeace, par exemple, "les intérêts à court terme du secteur des énergies fossiles ont été placés avant la santé et le bien-être à long terme des gens ordinaires". Hasard du calendrier ? L'OCDE avait publié peu avant la rencontre de Sydney un bilan environnemental des États-Unis, dans le cadre d'une revue de ses membres. "Depuis dix ans, le pays a fait des progrès dans certains domaines, mais il doit redoubler d'efforts dans d'autres", critique le rapport en recommandant justement "que les États-Unis adoptent une conduit plus volontariste face aux préoccupations environnementales mondiales". Il en va ainsi de l'utilisation de l'énergie qui mériterait "une plus grande efficacité dans l'utilisation [...] afin de maintenir la compétitivité internationale du pays malgré la hausse des prix de l'énergie tout en répondant aux préoccupations du réchauffement planétaire", préconise l'OCDE. Tout en encourageant les initiatives prises contre les GES par quelques États américains frondeurs, l'organisation milite pour que Washington "donne suite aux engagements intéressant la coopération internationale en matière d'environnement, plus particulièrement en ce qui concerne la protection du climat, la biodiversité et la gestion des produits chimiques".Laurent Chemineau

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