Les islamistes pèsent sur les législatives palestiniennes

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Le score des islamistes du Hamas, candidats pour la première fois aux législatives palestiniennes, constitue la grande inconnue du scrutin législatif palestinien organisé aujourd'hui. Les sondages très fluctuants prévoient une percée du Hamas, sans toutefois s'accorder sur son ampleur. Seule certitude, une victoire du Hamas, qu'Israël, les États-Unis et l'Union européenne (UE) considèrent comme une organisation terroriste, bouleverserait toutes les cartes, y compris économiques.Sur la défensive, Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne et chef du Fatah, parti au pouvoir, a eu bien du mal à défendre un bilan qui a déçu la population de Cisjordanie, de la bande de Gaza et de la partie arabe de Jérusalem. Il n'a pas réussi à rétablir l'ordre face à de multiples groupes armés incontrôlés qui font la loi dans la plupart des villes. Sur le papier, Mahmoud Abbas dispose pourtant de 60.000 policiers. Mais il s'est refusé à engager une épreuve de force de crainte de déclencher une "guerre civile". Face à Israël, le successeur de Yasser Arafat n'a pas su non plus s'imposer. Le retrait israélien de la bande de Gaza achevé en septembre a été mené par Ariel Sharon de façon unilatérale, alors que Mahmoud Abbas était maintenu sur la touche.Déficit record. L'économie fait aussi partie des échecs de Mahmoud Abbas. Le blocus imposé pour des raisons de sécurité par Israël continue à empêcher la libre circulation des biens et des personnes entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. Mais Mahmoud Abbas a aussi admis que la "situation anar- chique" sur le terrain a découragé les investisseurs privés. Résultat : pour lutter contre le chômage qui touche plus de 20 % de la population active, le secteur public a enrôlé à tour de bras des policiers tout en augmentant les salaires des 130.000 fonctionnaires, ce qui a creusé l'an dernier un déficit de près de 1 milliard de dollars, un niveau record.La crise financière a atteint une telle acuité que les pays donateurs exigent que l'Autorité palestinienne fasse désormais preuve de "discipline budgétaire". À titre d'avertissement, l'UE, qui a accordé une aide l'an dernier de 280 millions d'euros, vient de geler le versement de 35 millions d'euros. L'Autorité palestinienne pourrait se retrouver très rapidement en état de cessation de paiements. Le résultat des élections risque également d'aggraver la situation. Les responsables européens ont clairement fait savoir qu'ils pourraient réduire leurs subsides au cas où le Hamas emporterait les législatives et prendrait le contrôle de l'Autorité palestinienne.Pascal Lacorie, à Jérusalem

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