Le timing des négociations sur le climat divise l'UE et les États-Unis

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Àquelques mois de sa disparition de la scène politique, le président Bush cherche à convaincre le monde de son engagement pour la cause climatique. " Tentons de parvenir à un accord international qui soit capable de ralentir, d'arrêter et en fin de compte de renverser la progression des gaz à effet de serre [GES] " , a-t-il dit hier devant le Congrès lors du discours sur l'état de l'Union (voir encadré), soulignant comme à son habitude que " cet accord ne sera efficace que s'il comprend les engagements des principales économies mondiales et si aucune n'y échappe ". Et pour faciliter l'adhésion des pays émergents aujourd'hui non soumis à des contraintes en matière de rejets de GES (Chine, Inde...), il a annoncé son souhait de créer " un nouveau fonds international pour l'énergie propre ", pour les " aider à utiliser davantage ces sources d'énergie ".C'est également à l'initiative de George Bush que les seize plus grands émetteurs (États-Unis, Chine, Russie, Japon, France...) se retrouvent à Honolulu à partir d'aujourd'hui et pour deux jours, dans le cadre des Major Emitters Meetings (MEM) qu'il a lancés au printemps dernier afin de trouver un accord sur des objectifs de réduction des rejets polluants sur le long terme et sur la base du volontariat. À Honolulu, deuxième réunion des " principaux émetteurs " après celle de Washington en septembre, on parlera mécanismes de financement des technologies propres. Mais il s'agira également de " renforcer, soutenir, accélérer " les négociations sur le climat lancées à Bali dans le cadre de l'ONU, expliquait récemment l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Boyden Gray, à quelques journalistes.Mais il n'est pas certain que ce soutien soit bien perçu par les Européens. Ceux-ci redoutent que l'initiative américaine MEM ne vise qu'à torpiller le cycle onusien des négociations sur le climat qui a leur préférence car ces négociations, prévues par le protocole de Kyoto, se sont fixé pour objectif des réductions des émissions contraignantes, ce que rejette le président Bush au nom de la compétitivité des entreprises américaines.RIVALITE" Les États-Unis sont en train de mettre en place un processus complet de négociations. Ils prévoient des réunions techniques comme celle de Honolulu, et plus seulement politiques, et cela risque d'éclipser le processus onusien ", estime un expert, qui craint que Washington ne ravisse la maîtrise des négociations climatiques à l'ONU. Cette rivalité se cristallise dans le choix de la date de la prochaine réunion des principaux émetteurs, prévue " à Paris dans deux ou trois mois ", selon Boyden Gray, mais que les Européens souhaiteraient fixer après la prochaine réunion de l'ONU sur le climat fin mars à Bangkok. À terme, les Européens souhaitent synchroniser les processus MEM et celui de l'ONU. Synchronisation qui pourrait se concrétiser en juin en faisant coïncider le G8 avec un sommet MEM.Bush vante les cadeaux fiscauxPour son dernier discours sur l'état de l'Union, le président Bush ne pouvait laisser passer l'occasion. Celle d'inciter les élus au Congrès à pérenniser les cadeaux fiscaux octroyés à titre temporaire par le Congrès en 2001. Son but ? Lever les inquiétudes qu'auraient les contribuables et les investisseurs sur la façon dont ils seront traités après 2010. Car ce sont bien les incertitudes sur l'état de l'économie, menacée de récession, qui pèsent sur le moral des citoyens. Si Bush l'a admis, il s'est aussi montré optimiste sur les perspectives à long terme. " Les Américains peuvent avoir confiance en la croissance économique ", a-t-il martelé.

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