Le système de sélection australien est de plus en plus élitiste

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Avec un quart de sa population née à l'étranger, l'Australie est, devant le Canada, le pays qui compte aujourd'hui la plus grande proportion d'immigrés au monde. Plus de 140.000 personnes ont encore été autorisées à s'installer dans le pays en 2007, que ce soit dans le cadre des programmes humanitaires, des regroupements familiaux ou des besoins en travailleurs qualifiés du pays, qui sont les trois grandes catégories retenues depuis les années 80 par le gouvernement fédéral.Pays d'immigration par nature, l'Australie n'est pourtant pas une terre d'accueil. " La politique australienne en matière d'immigration a toujours répondu à des impératifs économiques, pas à la volonté de créer une société multiculturelle ", observe Glenn Withers, chercheur à l'Australian National University.Les tours de vis successifs, donnés tout au long de la dernière décennie par le gouvernement conservateur de John Howard, ont encore accentué la tendance, et le candidat à l'immigration doit montrer patte blanche pour réussir son coup. " Notre programme d'immigration se concentre sur les personnes qualifiées, capables d'intégrer rapidement le marché du travail et la société australienne ", rappelait encore en novembre dernier Kevin Andrews, le dernier ministre de l'Immigration de John Howard, lui-même battu quelques semaines plus tard par le travailliste Kevin Rudd.Durant sa décennie au pouvoir, l'ex-Premier ministre n'a cessé de réorienter la politique d'immigration de son gouvernement, selon des critères rappelant parfois la politique de " l'Australie blanche ". Entre 1996 et 2007, la part du regroupement familial, qui concerne surtout la communauté asiatique, est passée de 46 à 25 %, pendant que celle des " travailleurs qualifiés " a doublé pour atteindre 43 % l'année dernière.UN FORT BESOIN DE CADRES ET D'INGENIEURSPour la première fois depuis trente ans, en 2006, les immigrés anglophones ont à nouveau dépassé le nombre de postulants en provenance d'Asie. " Les besoins économiques ont changé. Le pays n'a plus besoin d'une main-d'oeuvre bon marché, mais de cadres et d'in génieurs susceptibles de répondre aux besoins de son industrie minière ", explique encore Glenn Withers. L'Australie a enfoncé le clou en octobre dernier, en imposant, à tous les aspirants à la citoyenneté, un examen de passage, en anglais, sur leur pays d'accueil. Un système jugé " discrimatoire " par la commission d'enquête fédérale demandée par le nouveau chef de gouvernement au lendemain de son élection. Le taux d'échec est de 2 % pour les candidats britanniques, alors qu'il atteint 30 % pour les postulants afghans ou soudanais. Depuis l'introduction des tests, les demandes de passeport ont même chuté de près de 5 %. Le nouveau gouvernement se refuse pour l'instant à remettre en cause le dispositif, même si Kevin Rudd a déjà promis sa révision en avril prochain.

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