L'Europe peine à attirer les immigrants qualifiés
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La vie est mal faite. Alors que, depuis l'adoption de l'Agenda de Lisbonne, les Européens misent, pour leur avenir économique, sur la " connaissance " , ils ont toujours du mal à attirer des cerveaux venus de l'étranger. En revanche, la main-d'oeuvre étrangère de base, elle, afflue, qu'elle soit souhaitée ou non, légale ou pas. À cet égard, l'Espagne et l'Italie se sont attiré les foudres de la France, nouvelle présidente de l'Union, avec leurs régularisations massives. Selon Nicolas Sarkozy, les migrants légalisés, forts de leur nouveau statut, pourraient en profiter pour aller s'installer dans un autre pays. Dans ces conditions, tous les Européens devraient réfléchir à une politique commune. C'est l'un des sujets de la présidence française de l'Union européenne.L'argument est cependant contestable, puisque le statut de " régularisé " ne devient " portable " d'un pays à l'autre qu'au bout de cinq ans seulement. Comme le souligne Jakob von Weizsäcker, auteur, pour l'institut de recherche Bruegel, d'une étude sur les questions d'immigration, " après cinq ans, les immigrants se sont installés et l'intérêt d'aller ailleurs diminue ". Quant à tenter sa chance avant les cinq ans, cela n'a pas de sens, puisque cela équivaudrait à perdre une légalité nouvellement acquise.POLITIQUES PLUS HOMOGENESMais si, aux yeux de certains, le garde-fou de cinq ans reste nécessaire, l'appliquer aux salariés hautement qualifiés n'a pas grand sens. Pour eux, un accès immédiat au marché du travail européen dans son ensemble pourrait être un argument supplémentaire pour envisager l'idée de s'installer quelque part en Europe. En cas de problème de non-adaptation, ils pourraient toujours aller ailleurs.De même, si les besoins dans des secteurs friands de salariés non qualifiés varient d'un pays à l'autre, les politiques sont beaucoup plus homogènes ce qui concerne les " cerveaux ". La " portabilité " du statut serait donc d'autant plus logique. Pourtant, la " blue card " européenne qui, à l'image de la green card américaine, est censée attirer des cerveaux, ne comporte rien de tel. Pour l'heure, passer d'un pays à l'autre avec une " blue card " serait quasiment aussi difficile que de demander une nouvelle carte...
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