Le moteur allemand a des ratés

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Le dynamisme proverbial du commerce extérieur allemand peut aussi connaître des coups d'arrêt. Les exportations, qui ont totalisé 80,8 milliards d'euros au mois de mai, sont en recul de 3,2 % sur le mois précédent, selon les chiffres publiés hier par l'Office fédéral de la statistique. Les importations, de leur côté, ont modérément augmenté, de 0,7 %, à 66,5 milliards d'euros. En comparaison annuelle, la première économie d'Europe a accru ses exportations de 2,5 % et ses importations de 8,2 %. " Ces derniers mois, la croissance du commerce extérieur a été en dents de scie, le mois de mai représentant un point bas ", observait hier Anton Börner, président de la fédération allemande du commerce extérieur, la BGA.Les ventes à l'étranger de marchandises ont progressé en janvier et en avril, ce mois en particulier affichant un bond de 14 % en comparaison annuelle, tandis que les autres mois de l'année en cours se sont inscrits en recul. Le commerce extérieur ne peut que pâtir à retardement des chiffres en baisse des commandes de biens en provenance de l'étranger. Elles devraient se contracter de 4 % au second trimestre, en comptant sur une stagnation en juin.Le recul est particulièrement ressenti dans la première zone de chalandise des produits made in Germany, en clair la zone euro. " Certains partenaires commerciaux européens sont confrontés plus durement aux conséquences de la crise financière et du dollar faible ", explique Anton Börner.L'Espagne est frappée par la crise immobilière, comme la France dans une moindre mesure, et l'Italie comme le Royaume-Uni affichent une croissance molle.RECUL DU PIBSelon les données fournies en comparaison annuelle, les exportations au sein de la zone euro ont augmenté de 0,5 % seulement en mai. Au-delà des frontières de l'Union européenne, on constate en revanche un accroissement de 4,2 % des ventes. Les puissances émergentes, des pays du Golfe à la Chine, en passant par la Russie, ont des liquidités en stock et des besoins en biens d'équipement énormes, ce qui devrait offrir pour quelque temps encore un boulevard aux exportateurs allemands. Avec un commerce extérieur qui tousse, une production industrielle en chute au mois de mai et une consommation toujours atone, il faut s'attendre à un recul du PIB de l'ordre de 0,3 % au second trimestre, après un bond de 1,5 % au trimestre précédent, estiment plusieurs économistes. Un rebond est attendu par la suite. De sorte que l'institut de conjoncture de Halle, l'IWH, a révisé hier de 1,5 % à 2,3 % sa prévision de croissance pour 2008.

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