Fitch conteste la réputation défensive de l'agroalimentaire

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ctionsL'industrie agroalimentaire est réputée défensive. Mais, dans une récente étude, l'agence d'évaluation financière Fitch démontre que le secteur européen de l'agroalimentaire n'est plus tout à fait un « havre de paix ». Pour trois raisons principales, à commencer par la préférence grandissante des consommateurs pour les marques de distributeurs, moins onéreuses que les marques nationales. Non seulement ce changement d'attitude accentué par la crise économique provoque un manque à gagner pour les groupes agroalimentaires, mais il réduit leur pouvoir de négociation des prix auprès de la grande distribution. « L'évolution des ventes, en volumes de la plupart des industriels européens de l'agroalimentaire, a été négative au premier trimestre 2009 », insiste Fitch. D'après l'agence, le taux de pénétration des marques de distributeurs dans les supermarchés européens oscille entre 40 % et 50 %, Le néerlandais Unilever serait le plus fragile en la matière, compte tenu de sa forte présence dans les soupes, les sauces et les glaces, des produits pour lesquels l'attachement des consommateurs à la marque est faible, au contraire des confiseries fabriquées par Cadbury et Nestlé.Deuxième menace pour le secteur européen de l'agroalimentaire, le tassement du « boom » économique des pays émergents, dont nombre d'industriels avaient fait leurs relais de croissance. Du fait de la crise mondiale, « certains marchés, comme la Russie et l'Europe centrale, sont devenus des inhibiteurs de croissance », assène Fitch. Là encore, Unilever est la société la plus exposée, avec 45 % environ de son chiffre d'affaires réalisé dans les pays émergents. À noter qu'il s'agit là, pour les géants européens de l'agroalimentaire d'un frein à court terme à leur croissance. À long terme, le potentiel des pays émergents ne fait pas de doute, reconnaît Fitch.concentration du secteurDernier élément défavorable aux groupes agroalimentaires, l'évolution contrastée des prix des matières premières agricoles. Si, de façon générale, les prix ont diminué depuis leur pic de l'été 2008, ils demeurent néanmoins supérieurs à leurs niveaux de 2005. Et les cours de matières premières comme le café et le sucre ont continué à augmenter. Pour autant, les bilans des groupes d'agroalimentaire restent dans l'ensemble solides, souligne Fitch. Au point que l'agence n'exclut pas une prochaine reprise de la concentration du secteur, au vu de la multiplication des transactions, de tailles certes modestes, depuis janvier. Cadbury a ainsi cédé ses boissons australiennes sur la base d'un très correct multiple de 15 fois l'excédent brut d'exploitation. Christine Lejoux

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