La crise endigue les flux de migration des travailleurs

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mondialisationPour la première fois, les ministres en charge des politiques migratoires des pays de l'OCDE se sont réunis les 29 et 30 juin sous l'égide de l'organisation internationale à Paris. Un colloque qui tombe à pic alors que, pour la première fois depuis des décennies, les flux migratoires de travail, comme les échanges commerciaux, ont reculé dans le monde, confirmant la pause de la mondialisation de l'économie. La crise a donné un coup d'arrêt à la croissance des flux, et a poussé certains pays à durcir l'accès à leur marché du travail.S'il y a eu moins d'immigrés venus chercher un emploi dans les économies développées, c'est parce qu'ils savent que les derniers entrés sont aussi les plus frappés par la crise. Ainsi, aux États-Unis, où leur taux de chômage était structurellement plus faible que celui des natifs, il est aujourd'hui plus élevé. Il faut dire que les pays les plus frappés par la crise, l'Irlande, le Royaume-Uni et l'Espagne en tête, sont précisément ceux qui, connaissant une forte croissance, avaient attiré les flux de travailleurs étrangers les plus importants. Et que les migrants sont surreprésentés dans les secteurs qui avaient tiré la croissance, comme la construction en Espagne, et dans des emplois souvent peu qualifiés. Beaucoup sont rentrés chez eux. C'est donc d'abord les candidats à l'immigration eux-mêmes qui sont moins volontaires : en France, révèle le ministre de l'Immigration, Éric Besson, l'immigration professionnelle a reculé de 9 % sur les quatre premiers mois de 2009.Mais « devant la dégradation du marché du travail, deux attitudes des gouvernements ont prévalu », explique Jean-Christophe Dumont, spécialiste des migrations à l'OCDE. D'un côté, il y a les États qui, considérant qu'à la sortie de la crise ils auraient besoin de main-d'?uvre étrangère pour répondre aux pénuries dans certains métiers, puis au vieillissement de leur population, n'ont pas modifié leur accès au marché du travail. C'est le cas de la plupart des pays, dont la France, qui en août 2008 avait ouvert aux nouveaux États membres de l'Union son marché du travail. De l'autre, on trouve les pays qui, ayant le plus ouvert leurs frontières les années précédentes, ont durci l'accès à leur marché du travail : l'Italie a réduit ses quotas non saisonniers à zéro, la Corée les a divisés par deux, tandis que l'Australie, grande terre d'accueil, a réduit son programme d'immigration qualifiée de 20 %. Mais, signe que les migrations font désormais partie des fondamentaux économiques, ces derniers pays restent des exceptions.enjeux de long terme « Gare à ne pas compromettre votre politique de long terme, car vous aurez besoin de l'immigration de travail », a néanmoins alerté le secrétaire général l'OCDE, Angel Gurria. En menant une politique touchant à la fois à l'intégration des étrangers et de leur famille, à la venue de travailleurs non qualifiés, et enfin à la migration permanente. Conscient des enjeux de long terme, un pays a même ouvert largement ses frontières à l'immigration de travail à la fin 2008 : la Suède.

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