Maurice lÉvy, président de publicis ? : « La crise a réveillé les consciences »

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Cette année, beaucoup de records ont été battus à Davos, en particulier celui de la fréquentation des chefs d'État et de gouvernement?: on en a recensé 43?! Ce retour de la politique au premier plan n'est pas surprenant, dans une période où les populations mondiales sont soumises à des pressions économiques colossales et où les systèmes financiers sont ébranlés. Il y a un retour en force des États parce que ce sont eux qui peuvent sauver les systèmes financiers mondiaux. Mais c'est aussi à Davos que le Russe Vladimir Poutine et le Chinois Wen Jibao ont envoyé des signaux pour manifester leur inquiétude de voir ressurgir le risque d'un retour au dirigisme économique. Outre les politiques, on a aussi compté plus de 1.400 chefs d'entreprise. Ils ont planché en faisant preuve de beaucoup de réalisme, sans pour autant verser dans le pessimisme. Mais il est certain que nous ne sommes plus dans l'espèce d'euphorie qui prévalait à l'époque de la globalisation heureuse. Les discussions de cette année se sont déroulées sur fond de récession, avec en arrière-plan le risque d'une crise sociale. Davos 2009 a permis de se réinterroger sur le modèle dans lequel nous vivons. La crise a réveillé les consciences au sein de nos communautés nationales, mais aussi au sein des pays en développement, ou parmi les salariés. Beaucoup de chefs d'entreprise reconnaissent que, bien souvent, ils ont laissé les fonds d'investissement leur dicter la conduite au nom d'un objectif de rentabilité financière ­entièrement tourné vers les actionnaires. On a sacrifié certains autres objectifs. Or il ne faut pas oublier que la responsabilité des entre­prises va au-delà des actionnaires, et s'étend à ­l'ensemble du tissu économique.

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