Les défis de François Pérol à la tête des mutualistes
La Tribune
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C'est aujourd'hui que François Pérol prend ses fonctions à la tête des organes centraux des groupes Caisse d'Épargne et Banque Populaire pour mener à bien leur fusion. « Voilà un monsieur qui ne va pas faire 35 heures par semaine », glisse un dirigeant mutualiste. « Maintenant démarre une course contre la montre pour réussir d'ici au 1er juillet », soulignait hier François Pérol dans un entretien au « Journal du dimanche ».La mission s'annonce en effet ardue pour l'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée, les défis à relever combinant les dimensions politique, financière et opérationnelle. Renforcé par son élection ? unanime aux Banques Populaires, plus chahutée chez l'Écureuil ? à la direction exécutive des deux groupes, « il commencera par rencontrer les dirigeants des réseaux et mener un état des lieux complet », indique-t-on dans son entourage, soulignant qu'il arrive « sans idées préconçues ». Après la polémique sur sa nomination, François Pérol déclarait hier au « JDD » que « les conditions de [sa] nomination sont régulières », demandant simplement que « maintenant, on [le] laisse travailler ».Son sens de l'écoute, dont témoignent ses collaborateurs, ne sera pas de trop, mais il devra aussi agir vite. Notamment chez Natixis, dont il prend la présidence non exécutive. La filiale commune des deux mutualistes s'enfonce en effet sous le poids de 31 milliards d'euros de créances illiquides, voire toxiques, qui ont détruit l'an dernier 3,5 milliards d'euros de revenu. Son expérience de banquier d'affaires lui sera utile pour restructurer Natixis, qu'il connaît intimement pour avoir participé à sa création en 2006. Mais le pilotage des réseaux par ce major de l'ENA promet en revanche un vrai choc culturel. « Le principal défi de François Pérol sera de se bâtir une légitimité opérationnelle. Il lui faudra donc instaurer un mode de gouvernance adapté, en s'entourant des patrons incontournables des deux groupes et d'une structure centrale forte », estime Éric Delannoy, vice-président du cabinet de conseil Weave.mutualiser les métiersIl devra ensuite mettre en place une cohérence stratégique entre les deux groupes aux profils complémentaires et rationaliser les fonctions support. Jusqu'à mutualiser les métiers au sein de l'organe central, les deux réseaux se concentrant sur la distribution. « On pourrait commencer par l'assurance, en ?uvrant pour le rapprochement de nos usines, CNP côté rouge et Natixis Assurance côté bleu », estime un dirigeant de banque régionale. D'autant que le premier a déjà tenté de racheter le second l'automne dernier.Mais à plus long terme, certains imaginent déjà des évolutions plus poussées. « Il serait logique d'aller vers le modèle du Crédit Agricole, en introduisant l'organe central en Bourse », anticipe Éric Delannoy. nFrançois Pérol devra agir vite, notamment chez Natixis qui croule sous 31 milliards d'euros de créances illiquides.
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