Marc de Scitivaux
La Tribune
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ésident des Cahiers Verts de l'économie.La taille économique d'un pays suffit-elle pour faire de sa devise une monnaie de réserve ? Non et d'ailleurs, si cela avait été le cas, le Japon, deuxième économie mondiale, aurait vu le yen devenir une monnaie de réserve, c'est-à-dire à la fois une monnaie de transactions commerciales et de réserve. En réalité, une monnaie de réserve doit fournir une double sécurité. Sur le plan patrimonial tout d'abord, en garantissant la sécurité des réserves : les investisseurs ne peuvent pas être dépendants des foucades d'un pouvoir politique. Personne n'acceptera de garder ses actifs dans une monnaie d'un pays où les règles de propriété ne sont pas garanties ! Souvenez-vous : au Royaume-Uni, la livre sterling est devenue au XIXe siècle la monnaie de réserve d'un pays où régnait déjà l'État de droit. Deuxième impératif, la sécurité militaire : dans un monde dominé par la peur, le pays le plus sûr est celui le plus attractif pour les actifs, mais aussi éventuellement celui où les gens souhaiteraient le cas échéant s'installer. Il y a donc une prime à la démocratie, rendant très improbable la transformation du yuan chinois en devise internationale.Même si, sur le plan économique, la Chine ne cesse de prendre de l'importance ? On oublie souvent que la monnaie d'un pays à excédent commercial ne peut être détenue à l'étranger, ce qui exclut la Chine, en tout cas pour l'instant. Propos recueillis par Éric CholUne monnaie de réserve doit fournir une double sécurité patrimoniale et militaire.flashinterview
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