L'attente dans les ports désorganise le fret maritime

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transports « On a vu des bateaux partir à vide du Pacifique pour aller chercher des grains en Amérique latine, puis revenir en Chine : ça leur prend deux mois et demi ! » s'exclame un trader. C'est le monde à l'envers dans l'univers du fret maritime. Le ralentissement économique a désorganisé la logistique bien huilée du bal des navires. Après quelques mois d'arrêt sur image, les voilà qui se précipitent tous en même temps dans le Pacifique, où semblent se concentrer l'essentiel des échanges ces dernières semaines. D'où la formation de goulots d'étranglement. Tous les bateaux ne sont pas utilisés, en revanche, « environ 20 % de la flotte de Capesize patiente dans les ports », estime Emmanuel Fages, à la Société Généralecute; Générale. Les Capesize, qui peuvent charger jusqu'à 150.000 tonnes de fret sec, semblent le plus touché par ce brusque redémarrage de la demande : leur tarif a grimpé de 200 % depuis fin avril, contre ? seulement ? 100 % pour l'indice global du fret, le Baltic Dry Index (voir graphique). L'immobilisation des navires dans les ports fait en effet monter les tarifs du fret, puisque les routes de 15 ou 30 jours sont rallongées de plusieurs jours. L'inflation créée par les Capesize est clairement signée par la Chine : la Chine est le seul pays à acheter massivement à la fois du charbon et du minerai de fer, les matériaux habitués aux plus gros tonnages.toute-puissance chinoiseAutre phénomène aberrant, l'effet « cape-split » témoigne aussi de la toute-puissance chinoise sur le marché du fret : la hausse des cours de location des Capesize se reporte sur les autres tailles de bateaux. « Plutôt que d'affréter un Capesize, certains affréteurs se sont reportés sur des Panamax [70.000 tonnes], dont les tarifs sont inférieurs », explique-t-on chez le broker LSS. Les experts regardent toutefois avec circonspection l'envol de 200 % en deux mois du tarif des Capesize, qui s'est réalisé sur fond d'embouteillage et de forte volatilité. D'autant qu'une trêve estivale devrait ralentir les échanges. Et le trading de fret maritime a de plus en plus conscience du risque qui colle au secteur depuis la faillite de plusieurs affréteurs en fin d'année dernière. Les commandes pléthoriques de nouveaux navires font planer un risque d'excès d'offre, qui pourrait d'un jour à l'autre entraîner un nouvel effondrement des prix. Dans ce contexte, autant assurer ses arrières : 95 % des contrats à terme sur le fret sont désormais garantis par une chambre de compensation, selon LCH, contre 50 % il y a un an.Aline Robert 2 cols 52 mm

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