Les acteurs du prêt-emprunt de titres tentent de réduire le risque

Pour les intervenants qui n'en avaient pas réellement conscience, la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre dernier a mis en lumière le risque de contrepartie sur les marchés fonctionnant de gré à gré. Pour l'heure, de part et d'autre de l'Atlantique, les régulateurs se sont concentrés, dans un premier temps, sur le segment des dérivés de crédit (CDS). Mais, sur un autre marché, celui du prêt-emprunt de titres qui permet aujourd'hui à un intervenant d'emprunter les titres de son choix auprès d'investisseurs institutionnels moyennant commissions pour couvrir par exemple des ventes à découvert, certains acteurs ont décidé de prendre les devants. La semaine passée, SecFinex, l'une des plates-formes électroniques de prêt-emprunt présente en Europe, a signé un accord avec SIX X-Clear, la chambre de compensation suisse, pour couvrir dès le deuxième trimestre 2009 les opérations de prêt sur actions sur la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche et les pays scandinaves. En septembre, après plusieurs mois de négociation à la demande de la communauté des participants de SecFinex, la plate-forme (filiale à 51 % de NyseEuronext) s'était déjà rapprochée de LCH. Clearnet SA pour les opérations sur actions de la zone Euronext. Les deux chambres de compensation s'interposeront entre les deux parties de la transaction, prenant ainsi en charge le risque de défaut de l'une d'entre elles. La semaine dernière, également, Clearstream a indiqué qu'Eurex Clearing jouerait ce rôle de contrepartie centrale pour son service de prêt emprunt de titres obligataires (emprunts d'État et dette privée), ASLplus, à compter du deuxième trimestre 2009. Et, déjà, Clearstream envisage de nouveaux développements, probablement en 2010, vers le prêt-emprunt d'actions et de parts de fonds. D'autres accords seraient en discussion. Le courtier britannique Icap, qui a lancé en avril 2007 sa plate-forme électronique de prêt-emprunt I-sec, y travaillerait. Aujourd'hui, l'univers du prêt représente un stock de titres évalué à 9.000 milliards de dollars, selon DataExplorers, et les prêts en cours représentent 2,2 milliards de dollars. Mais ces données ont fortement diminué depuis le début de l'année. Le stock était estimé à 14.000 milliards de dollars à fin 2007 et les prêts en cours à 3.000 milliards. « Depuis la mi-septembre, beaucoup de prêteurs se sont retirés du march頻, commente Jean-Robert Wilkin, responsable chez Clearstream. Et les tarifs ont augmenté. meilleure garantieLes restrictions imposées dès le 18 septembre sur les ventes à découvert y ont contribué. Mais ce n'est pas la seule raison. La moitié du stock des titres « prêtables » appartient au segment obligataire. « Le risque de contrepartie et le besoin de collatéral ont contribué à cette baisse des titres disponibles », poursuit Jean-Robert Wilkin. Les banques commerciales ont préféré conserver leurs titres, qui sont leur meilleure garantie en cas de besoin de liquidité. Selon Ed Oliver, chez Spitalfields Advisors, un cabinet de conseil spécialisé, « 10 % à 15 % des prêteurs auraient décidé de suspendre leurs programmes en attendant plus de clarté sur la future régulation des ventes à découvert et plus de stabilité sur les marchés ». n++BSD ++SupprimerBalise NePas supprimer n signature++BSF ++

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