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Sarkozy, de la petite histoire à la grande

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Publié le 15 janvier 2009 à 00:27 - Mis à jour le 15 janvier 2009 à 00:27

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Nous sommes le 8 janvier 2008 à l'Élysée. Nicolas Sarkozy présente ses v?ux à la presse. Il parle encore, et pour la dernière fois, de la « politique de civilisation » chère au c?ur d'Henri Guaino. Il met fin aux espérances sur le pouvoir d'achat, en admettant que les caisses de l'État sont « vides ». Et puis le président est interrogé sur sa vie privée, après des vacances très photographiées en Égypte. « Avec Carla, c'est du sérieux », lâche Nicolas Sarkozy, qui va épouser la chanteuse et ancien top-model Carla Bruni le 2 février. Il fut un temps où les journalistes politiques achetaient le « Nouvel Observateur » pour s'imprégner des querelles entre première et deuxième gauches. Le 4 février, le site Internet de l'hebdomadaire affirme que, huit jours avant son mariage, Nicolas Sarkoy a envoyé à son ex-femme Cécilia un sms proclamant : « Si tu reviens, j'annule tout. » La publication du message, dont la teneur a été démentie et pour lequel le « Nouvel Obs » s'est excusé, donne lieu à des débats sans fin sur la « pipolisation » de la vie politique, qui frappe aussi bien à gauche qu'à droite. Le 27 janvier, sur le canapé rouge de Michel Drucker, Ségolène Royal évoque sans détour sa séparation avec François Hollande. Il fut un temps où les journalistes politiques épluchaient les pages débats du « Monde », du « Figaro » ou de « Libération ». Aujourd'hui, ils jettent des regards en coin sur la une de « Closer » ou de « Voici »? Mais voilà que la fonction présidentielle rattrape Nicolas Sarkozy au c?ur de l'été. Une crise en Géorgie, dix soldats français tués en Afghanistan, président de l'Union européenne depuis le 1er juillet, le chef de l'État est sur tous les fronts, occupant une scène internationale que George W. Bush déserte peu à peu. un président... relancéLa rentrée de septembre apporte d'ailleurs un vent mauvais venu des États-Unis. Le jeudi 25 septembre, à Toulon, Nicolas Sarkozy reconnaît que la crise financière « est en train de bouleverser le monde » et que ses conséquences seront « durables ». La parenthèse enchantée de la présidence « bling-bling » est bien loin désormais. Et Nicolas Sarkozy connaît une embellie dans les sondages. Le 4 décembre, converti à la relance, le chef de l'État annonce un plan massif en faveur de l'investissement. La peur de l'explosion sociale a pris le pas sur les inquiétudes concernant le système bancaire mondial. Et pour la première fois le président « aux 55 réformes » recule. Par peur d'un embrasement de la jeunesse, par crainte d'une contagion « à la grecque », il diffère la réforme du lycée.Le Parti socialiste, lui, n'aura reculé devant rien, et même pas devant la ruse ultime du machisme en politique, qui consiste à opposer deux femmes. La première, Ségolène Royal, ne s'avoue jamais vaincue et repart inlassablement à l'assaut du PS, même par la face Nord. La deuxième, Martine Aubry, réussit le mariage improbable de courants opposés, fabiusiens et strauss-kahniens, unis dans la détestation de l'ex-candidate à la présidentielle. Le congrès de Reims qui se tient à la mi-novembre n'est même pas le dernier acte de la tragédie. Il permet juste de premiers meurtres entre amis. Bertrand Delanoë est abattu le premier. Une semaine plus tard, lors du second tour du vote sur le premier secrétaire, la nuit tombe sur Paris et la victoire de Ségolène Royal paraît certaine. Quand l'aube se lève, c'est Martine Aubry qui remporte une courte victoire au goût amer. Au final, un parti discrédité, coupé en deux, où les haines paraissent durablement fondées, et qui peine à reprendre contact avec des Français qui jugent à 70 % qu'il n'a rien à leur dire. Un PS « astre mort », selon Jean-Luc Mélenchon qui l'a quitté avant l'issue rémoise et qui, avec Olivier Besancenot, attend déjà les dépouilles. Tout comme François Bayrou, dont le Modem centriste aura été un poison lent injecté au c?ur de la « guerre des roses ».

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