L'Europe paie généreusement son premier serviteur

Union européenneIl y a quelques jours, la Commission a opposé une fin de non-recevoir à un eurodéputé populiste italien qui avait mis en cause le salaire « démesur頻 du président de l'exécutif européen. Mario Borghezio appelait à ce que ce « traitement princier » soit « d'urgence réduit à un niveau convenable ». Pour les services bruxellois, le salaire mensuel de 24.422 euros octroyé à José Manuel Barroso « reflète de manière appropriée le niveau de responsabilité du président de la Commission et constitue un gage de son indépendance ». Une justification que les vingt-sept chefs d'État et de gouvernement européens, moins bien payés que leur « collègue » bruxellois, apprécieront? En moyenne, ceux-ci perçoivent 10.356 euros par mois avec des écarts importants : le Premier ministre slovaque touche 2.684 euros, soit huit fois moins que les 21.262 euros de la chancelière allemande. Quant aux « simples » commissaires européens, ils sont eux aussi plutôt bien lotis : leur salaire de base est de 19.909 euros mensuels avant impôt. Les vice-présidents émargent, eux, à 22.122 euros, auxquels s'ajoutent des frais de résidence et représentation. Quant au président de l'exécutif, si l'on additionne l'ensemble de ses indemnités, il touche au total 29.527 euros mensuels, soit plus que les 26.823 euros de salaire et de « faux frais » du président des États-Unis. Le patron de l'Europe et celui des États-Unis n'ont toutefois pas le même train de vie : José Manuel Barroso ne dispose pas d'un jet comme Air Force One ou d'une résidence de fonction comme la Maison-Blanche ; il se contente de voyager à bord d'avions de ligne et reçoit ses invités dans le sobre « salon conviviality » du 13e étage du siège de la Commission. Pour se loger, il peut tout de même compter sur les 3.663 euros d' « indemnités de résidence », soit l'équivalent de la location d'un hôtel de maître de 400 mètres carrés dans les quartiers chics de Bruxelles.Le Portugais, qui gagne aujourd'hui près de cinq fois le salaire qu'il percevait lorsqu'il était Premier ministre dans son pays, pratique la transparence sur son patrimoine : il possède deux appartements à Lisbonne et un autre à Almada. De même, déclare-t-il, tous les cadeaux d'une valeur supérieure à 150 euros : il a ainsi reçu une dizaine de tableaux, des statues, des tapis, des stylos-plumes, une boîte à cigares ou encore un « collier or avec pierres semi-précieuses ».indemnités post-mandat Philippe de Villiers avait qualifié de « parachutes dorés » les indemnités post-mandat dont disposent les commissaires. À son départ de Bruxelles, José Manuel Barroso bénéficiera d'une « indemnité de réinstallation » égale à un mois de salaire, comme il avait bénéficié en 2004 de deux mois d'« indemnité d'installation ». Il aura également droit pendant trois ans à une « indemnité de transition » allant jusqu'à 65 % de son traitement, tant qu'il n'aura pas retrouvé de poste avec un niveau de rémunération comparable. Mais le généreux régime de rémunération bruxellois ne saurait justifier l'appétit de José Manuel Barroso à être reconduit à la tête de la Commission. Bon communiquant et polyglotte, il gagnerait en effet bien mieux sa vie en rejoignant le circuit des conférenciers de luxe et en facturant chacun de ses discours entre 50.000 et 150.000 euros.

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