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À la poursuite des caïmansLe jour J, nous voilà partis pour cette réserve naturelle, en plein c?ur de la forêt primaire guyanaise. Une heure de minibus avant d'arriver à une petite plage, le débarcadère de Regina. Embarquement dans une pirogue de 6  mètres de long pour le « Carbet », un bateau amarré à une heure et demie de navigation de là. Dernier point de civilisation avant? Avant quoi, d'ailleurs?? Avant de partir, la nuit tombée, à la découverte des caïmans. En attendant l'heure, nous sirotons du punch. Il fait très chaud, mais personne ne pense à plonger dans les eaux troubles de la rivière?: les piranhas dissuadent les plus téméraires. Pendant que notre guide Ricardo prépare le couac, une sorte de taboulé à base de semoule de manioc, nous regardons le soleil descendre sur le marais. Les cris des oiseaux changent, de nouveaux papillons apparaissent, attirés par les lampes tempête allumées lorsque la lumière s'est comme éteinte, à 18?h?30. La nature profite de la fraîcheur très relative du soir. Des millions de vers luisants illuminent la nuit. Les insectes chantent et de grandes chauves-souris passent en brassant l'air humide. Nous remontons dans la pirogue qui s'engouffre dans la nuit noire. Seule la lampe frontale de Ricardo troue l'obscurité, lorsque, tout d'un coup, il coupe le moteur et laisse la pirogue dériver dans les hautes herbes qui bordent la rivière. Devant nous, un troupeau de cabiaïs broute tranquillement. Ce sont les plus gros rongeurs du monde?: les plus grandes femelles ont la taille d'un gros sanglier. Nous restons un moment à les regarder, sans crainte de part et d'autre, avant de repartir. Quelques centaines de mètres plus loin, nouvel arrêt. Cette fois, nous restons dans le fil du courant pendant que la lampe frontale balaie le noir. Soudain, deux boules rouges trouent la nuit?: les yeux de notre premier caïman. À toute petite vitesse, la pirogue s'approche. Personne ne parle, ni ne bouge. Ce n'est pas le moment de faire chavirer l'embarcation. Mais d'un coup de queue, la bête s'échappe et plonge se mettre à l'abri. Nouvelle accélération. Sur un banc de sable, un énorme caïman nous regarde arriver. Au dernier moment, il se jette dans l'eau. Le guide coupe le moteur et laisse dériver la pirogue. Au bout de longues minutes d'attente, des remous indiquent que le reptile est tout près. Tout d'un coup, il émerge à gauche de l'embarcation. Surpris par notre présence, il s'échappe en donnant un violent coup de queue qui manque faire chavirer la pirogue. Pas le temps d'avoir peur. Notre guide nous emmène une nouvelle fois dans les herbes hautes. Mais cette fois, Ricardo plonge son bras dans l'eau? et en retire un petit caïman?: 1,50 m de force pure. Enserrant sa queue et la gueule, il nous montre la bête. Le contact est froid, grenu, un peu gluant. Je le prends et ressens toute la puissance de la nature, violente, primaire, innocente. Un grand moment d'émotion. Ricardo le remet prudemment à l'eau et nous rentrons au carbet, chacun dans ses pensées. Il est 2 heures du matin. La fatigue commence à se faire sentir. Pour échapper à l'humidité, nous nous installons dans des hamacs sur le toit du bateau. Un sentiment de plénitude totale, d'harmonie avec la nature. À peine quelques heures de sommeil et le soleil se lève, dissipant les dernières brumes. Un café et il sera temps de revenir à Cayenne. nVACANCES DE RÊVE/en guyane

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