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G20 : fin de la récré pour les paradis fiscaux

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Publié le 16 mars 2009 à 00:27 - Mis à jour le 16 mars 2009 à 00:27

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Il y a quelques semaines seulement, des banquiers privés suisses confiaient à « La Tribune » sous le sceau de l'anonymat que les banques helvétiques ne pourraient faire l'économie d'une remise à plat de leur modèle économique. Le secret bancaire suisse ? qui est surtout un secret fiscal ? serait, selon eux, mort et enterré dans trois ans. Une approche lucide. Mais peut-être un peu optimiste. La fin du secret bancaire n'est peut-être plus qu'une affaire de mois.En laissant entendre lundi que la Suisse pourrait figurer sur la liste noire des paradis fiscaux que l'OCDE élabore actuellement en vue du G20 de Londres, le 2 avril prochain, Nicolas Sarkozy a créé un véritable séisme dans la Confédération helvétique. L'Association des banquiers suisses a critiqué « l'hypocrisie plutôt éc?urante de cette attaque coordonnée contre la Suisse », tandis que le député Léonard Bender (Libéraux radicaux) y voit une attaque contre la « souverainet頻 helvète.nouvelle liste noirePour la Suisse, l'enjeu est colossal. Les banques helvétiques gèrent près d'un tiers de la fortune privée mondiale. Mais c'est loin d'être le seul pays menacé. Sur les 192 pays membres des Nations unies, plus de 70 peuvent être considérés, à divers degrés, comme des paradis fiscaux, réglementaires et judiciaires. Et c'est bien l'ensemble de ces territoires qui sont aujourd'hui visés.Outre la publication d'une nouvelle liste noire des paradis fiscaux jugés non coopératifs, le G20 réfléchit activement à des mesures de rétorsion fortes. Christine Lagarde, qui a rencontré hier à Paris son homologue allemand, Peer Steinbruck, a indiqué que la France et l'Allemagne souhaitaient que les pays du G20 mettent fin à leurs conventions bilatérales avec les « centres non coopératifs ». Les deux pays bénéficient en outre du soutien capital de la Grande-Bretagne.Actifs dans le blanchiment, les paradis fiscaux sont également accusés de siphonner les recettes fiscales de leurs voisins. « Ces recettes fiscales, ces États nous les volent », s'exaspère le ministre du Budget, Éric Woerth, dans « La Tribune » (lire page 9). Aucune estimation officielle n'existe pour la France. Mais l'Allemagne évalue le manque à gagner à 30 milliards d'euros par an, le Trésor américain à 100 milliards de dollars. Barack Obama, opposant de longue date aux paradis fiscaux, vient de présenter devant le Congrès américain un projet de loi ne visant pas moins de 34 pays aux juridictions considérées comme non coopératives.confusion du systèmeTax Justice Network, une plate-forme de recherche sur les paradis fiscaux, a évalué à 11.500 milliards de dollars les avoirs domiciliés dans les centres offshore en 2005. Sur la base d'un rendement moyen de 7,5 %, ces capitaux génèrent 860 milliards de dollars par an. Avec un taux moyen d'imposition de 30 %, c'est près de 260 milliards de dollars qui échappent chaque année aux Trésors publics des pays riches.Les paradis fiscaux contribuent également à la confusion du système financier. S'ils ne sont pas responsables de la crise financière, ces territoires, qui ont fait du secret un véritable fonds de commerce, ont contribué à sa propagation. Une grande partie des produits aujourd'hui considérés comme toxiques étaient logés dans des structures opaques domiciliées dans des paradis réglementaires. « Cela n'a pas de sens d'élaborer un nouveau cadre réglementaire pour encadrer le système financier international si des espaces offrant peu ou pas de régulation continuent de prospérer », explique un expert très au fait du dossier. n

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