Des écarts de taux moins nuisibles au dollar

En tempérant l'aversion au risque, le redressement des marchés boursiers au cours de la semaine écoulée a fait de l'ombre au dollar, qui est resté coincé au-dessus de 1,32 pour un euro le 1er mai. Sa récente tentative de reprise a une fois encore été contrariée par son incapacité à se maintenir durablement à un niveau supérieur à 1,30 face à la monnaie unique, mais le billet vert n'a sûrement pas dit son dernier mot. Car les signaux économiques venus de l'Oncle Sam sont en train de virer du rouge sombre au rose. Certes, l'annonce d'une contraction de 6,1 % en rythme annualisé du PIB des États-Unis au premier trimestre a fait tache dans un panorama qui s'éclaircit. Mais outre qu'il s'agit d'un chiffre du passé, les marchés reportant toute leur attention sur les indicateurs du trimestre en cours, cette contre-performance est essentiellement imputable au plus important déstockage des entreprises depuis l'immédiat après-guerre. Ce qui devrait les conduire à restocker tout aussi précipitamment dès que les signaux vireront à nouveau au vert. redressementEt un certain nombre d'entre eux laissent entrevoir une reprise de l'activité dans la seconde partie de 2009. À commencer par la consommation, moteur traditionnel de l'économie américaine, qui se redresse, après une sévère panne en fin d'année dernière. Sinistré, le secteur manufacturier montre lui aussi des signes de résurrection. L'indice ISM des directeurs d'achats du secteur a fait un bond en avril, remontant de 36,6 en mars à 40,1. Même s'il reste en territoire négatif, la ligne de démarcation entre croissance et contraction de l'activité se situant à 50, son redressement n'en est pas moins saisissant. Ce qui risque d'entraîner un autre développement favorable au dollar.La Réserve fédérale américaine serait arrivée au bout de son cycle d'assouplissement monétaire et pourrait commencer à poser les jalons d'une sortie de sa politique de taux zéro et d'assouplissement quantitatif via des achats de titres de la dette publique, alors que la Banque centrale européenne s'apprête à procéder à une baisse de 1,25?% à 1?% de son taux directeur jeudi et à élargir son arsenal de mesures non conventionnelles. L'écart de taux à court terme défavorable au dollar serait en passe de se réduire. Il est même déjà redevenu positif sur le long terme. Les dernières statistiques américaines ont entraîné le rendement des emprunts d'État américains à 10 ans jusqu'à 3,20 % vendredi, alors que celui des bunds allemands de même échéance ne s'élevait qu'à 3,17 %. Isabelle Croizard

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