Les leviers de la diplomatie américaine au Proche-Orient

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Pour tenter « remettre sérieusement sur les rails » le processus de paix au Proche-Orient, comme il l'a dit peu avant son arrivée hier en Arabie Saoudite, Barack Obama s'est doté d'une équipe de diplomates chevronnés. À la Maison-Blanche, George Mitchell veille sur le Proche-Orient. Cet ancien élu démocrate du Maine est l'artisan des accords de paix en Irlande du Nord en 1998. Pour seconder la secrétaire d'État, Hillary Clinton, le conseiller spécial Dennis Ross affiche, lui aussi, une solide expérience, ayant été l'un des négociateurs du processus de paix sous George Bush (père) et sous Clinton. Ces deux poids lourds de la diplomatie américaine ont préparé au millimètre la tournée de Barack Obama dans le monde arabe.aide financière et militaireIsraël a bénéficié d'un soutien sans faille des États-Unis depuis sa création en 1948, avec une aide cumulée de 84 milliards de dollars. L'an dernier le Congrès américain a approuvé une aide militaire de 30 milliards de dollars sur dix ans. « La dépendance d'Israël à l'égard des États-Unis sur le plan militaire est réelle, mais les Israéliens ont acquis une avance technologique qui leur permet de se passer des États-Unis pendant deux mandats », estime Antoine Basbous, directeur de l'observatoire du monde arabe à Paris.Les territoires palestiniens, et tout particulièrement la bande de Gaza, sont sous perfusion internationale. À la conférence de Charm el-Cheikh (Égypte), qui a fait suite à l'offensive israélienne contre la bande de Gaza, Washington a promis une aide de 900 millions de dollars. L'Égypte, alliée traditionnelle des États-Unis, bénéficie d'une rente stratégique de 1,7 milliard de dollars par an.Les sanctionsDepuis la révolution islamique et la prise d'otages du personnel de l'ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979, l'Iran est sous sanction. En 1996, la loi d'Amato a interdit tout investissement de plus de 20 millions de dollars dans le secteur des hydrocarbures. Plus récemment, le Trésor américain a coupé toute relation entre le système financier américain et les banques iraniennes Saderat et Sepah. L'Iran s'est adapté à ce régime de sanction, qui étouffe la croissance, notamment dans le domaine pétrolier.Forces militairesLa présence militaire américaine dans le golfe Persique est très importante. L'Iran est aujourd'hui cerné par les troupes américaines, que ce soit en Irak ou en Afghanistan. En septembre 2007, alors que le conseil de sécurité de l'ONU se penchait sur le programme nucléaire iranien, les États-Unis ont déployé pas moins de trois porte- avions, soutenus par une quarantaine de bâtiments d'escorte, et près d'une centaine d'appareils de l'aviation embarquée. Autre levier de poids pour les États-Unis?: leurs ventes d'armes dans la région, lesquelles, selon un rapport du Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité, représentent 45 % des livraisons d'armes au Moyen-Orient. Entre 1950 et 2006, les ventes gouvernementales d'armes américaines au Moyen-Orien se sont élevées à 158 milliards de dollars, soit 46 % du total des exportations américaines?: l'Arabie Saoudite, Israël et l'Égypte sont les meilleurs clients des États-Unis.double dépendanceMais Washington n'a pas que des atouts dans son jeu. Les États-Unis, qui brûlent chaque jour un quart de la production mondiale de pétrole, comptent pour leurs approvisionnements sur le brut du Golfe. L'Arabie Saoudite n'est toutefois plus que le deuxième fournisseur (1,4 million de barils par jour) des États-Unis après le Canada (1,9 million de barils).Les États-Unis restent également très dépendants de la manne financière du Golfe. À travers leurs fonds souverains (1.200 milliards de dollars), les pays du Moyen-Orient constituent la plus vaste poche de capitaux disponibles dans le monde. Les pays du Golfe concentrent près de la moitié des actifs mondiaux des fonds souverains. Après avoir rapatrié leurs capitaux suite aux attentats du 11 septembre 2001, les pays du Moyen-Orient ont investi plusieurs milliards de dollars l'an passé dans les banques américaines pour les renflouer. Éric Chol, Xavier Harel et Mathieu Pechberty

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