Le Centre Pompidou présente ses collections « femme »

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expositionLes femmes doivent- elles être nues pour entrer au Metropolitan Museum de New York ? » La question est inscrite sur une affiche militante des Guerrilla Girls, un groupe d'artistes féministes américaines fondé dans les années 1980. Suit cette assertion : « Moins de 3 % des artistes dans les sections d'art moderne sont des femmes mais 83 % des nus sont féminins. »On verra l'affiche à Paris, intégrée au nouvel accrochage du Musée national d'art moderne qui a choisi d'y répondre par ce slogan : « Au Centre Pompidou, les femmes représentent 17,7 % des artistes dans les collections du musée. La nouvelle présentation des collections leur est consacrée à 100 %. »100 % de femmes donc. Du moins au quatrième étage, celui qui présente les ?uvres d'après-guerre (pour les années précédentes, au niveau supérieur, on se contentera de quelques noms mis en avant). Taxée de sexiste par certains, de salutaire par d'autres, l'initiative aura en tout cas le mérite de ressortir des cartons de nombreuses ?uvres peu montrées au public.Parmi les noms présents, certains sont très connus : Annette Messager, Nan Goldin, Orlan, Louise Bourgeois ou Barbara Kruger. Mais on en retrouve encore plus de relativement confidentiels. Parmi eux Lee Bontecou ? grande figure américaine dont les pièces se situent entre la peinture et la sculpture ? ou Ruth Francken, née à Prague en 1924 et décédée dans l'indifférence en 2006.« corps slogan »Pas loin de 500 ?uvres sont dispersées dans un parcours découpé en zones thématiques. « Corps slogan », « Immatérielles », « Abstraction excentrique ». Celui intitulé « Une chambre à soi » ? d'après un essai pamphlétaire de Virginia Woolf ? retient particulièrement l'attention avec son contre-pied à l'image archétypale du foyer. On y trouve ainsi un salon morbide imaginé par Dorothea Tanning, meublé de tables et de chaises d'où surgissent des excroissances de chair. Ou encore une chambre d'hôtel revisitée à la sauce Sophie Calle, et donc hantée d'histoires atypiques. Sans oublier cette cellule d'habitation nomade futuriste sortie de l'imagination débridée de la Japonaise Mariko Mori. Chaque ?uvre offre une vision audacieuse autour d'un même thème, une cohérence bienvenue que l'on ne retrouve malheureusement pas dans toutes les salles de l'exposition.Il y a un mois, un groupe avait dénoncé le peu d'artistes femmes présentes à la manifestation « La Force de l'art ». L'initiative du Centre Pompidou tombe à point nommé pour alimenter le débat. Engendrera-t-elle pour autant un changement de mentalités des conservateurs ? Certains ont déjà pris le train en marche comme la galerie Pierre-Alain Challier qui profite de l'événement pour organiser l'exposition « Elles aussi » avec des pièces de Niki de Saint Phalle, Hedva Ser ou Kimiko Yoshida. Oui, sans doute 2009 sera-t-elle féminine. Mais qu'en sera-t-il de 2010 ? n « Elles@centrepompidou » jusqu'en mai 2010. www.elles.centrepompidou.frCatalogue aux éditions Centre Pompidou-Flammarion, 380 pages, 39,90 ?« Elles aussi », jusqu'au 1er août à la galerie Pierre-Alain Challier ? 8, rue Debelleyme, Paris. Tél. : 01.49.96.63.00

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