Bruxelles achète sa tranquillité gazière auprès de l'Ukraine

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Kiev a finalement accepté vendredi de réformer son secteur gazier afin d'obtenir un important prêt provenant de la Banque mondiale, de la Berd et de la Banque européenne d'investissement. L'Ukraine, qui a déjà bénéficié d'un prêt d'urgence de 11,4 milliards d'euros du FMI, demandait encore 2,8 milliards d'euros, en partie pour acheter et stocker du gaz russe avant que les prix n'augmentent avec l'hiver.L'Ukraine est devenue ces dernières années le maillon faible des livraisons de gaz russe, qui représentent un quart de la consommation européenne. 80 % du gaz russe transporté vers l'Europe transite par l'Ukraine et à trois reprises, Gazprom a fermé les gazoducs concernés pour obliger Kiev à régler sa note de gaz. À chaque fois, les consommateurs européens en ont pâti et Bruxelles en était réduit à tonner ? sans grand effet ? contre les deux protagonistes.Bruxelles et les institutions financières ont imposé comme condition que Kiev augmente les tarifs domestiques du gaz pour la population et force tous consommateurs domestiques à payer en temps et en heure leurs factures, afin que la compagnie gazière d'État Naftogaz soit à son tour en mesure de régler les importations de gaz depuis la Russie. Aujourd'hui, la population paie son gaz 2,6 fois moins cher que les consommateurs industriels. En amont, Naftogaz achète actuellement à la Russie son gaz au tarif de 200 dollars les 1.000 mètres cubes.répercussions Cette décision comporte un prix politique important pour le gouvernement ukrainien à quelques mois des élections présidentielles. La réforme devrait avoir des répercussions importantes sur l'économie ukrainienne, car le marché du gaz est totalement opaque, alimente la corruption et la fortune de plusieurs oligarques très influents. La question des tarifs du gaz est depuis toujours fortement politisée alors que l'économie repose sur une industrie métallurgique très gourmande en gaz, mais dont le rendement énergétique est l'un des plus faibles du monde. Le calendrier des versements n'est pas clairement établi car les banques doivent au préalable faire approuver les prêts par leur conseil d'administration. La Berd pourrait bientôt prêter 209 millions d'euros à Naftogaz plus 315 millions d'euros en 2010. Selon la Commission européenne, la Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement pourraient prêter à l'État ukrainien respectivement jusqu'à 350 et 315 millions d'euros. Mais, même si les prêts arrivent à temps, les aléas de la politique domestique ukrainienne et des relations orageuses avec Moscou interdisent de croire que les coupures de gaz vers l'Europe appartiennent au passé. n

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