L'Europe au chevet des dérivés de crédit

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Le calendrier s'accélère. L'ambition d'aboutir d'ici à la fin de l'année à une solution de compensation pour le marché des dérivés de crédit pourrait bien tourner à la course entre l'Europe et les États-Unis. Hier, la Banque centrale européenne a réuni banques et associations sur le sujet. Demain, c'est au tour de la Commission européenne de convoquer un groupe de travail sur les CDS (ou « credit default swaps », des contrats de couverture contre le risque de défaut d'un émetteur de dette). La Réserve fédérale américaine avait donné jusqu'à vendredi aux opérateurs intéressés pour détailler leurs propositions de compensation.La chute de Lehman Brothers, si elle a finalement été bien gérée, a mis en lumière le risque pour le marché du défaut de l'un de ses participants. La nécessité d'une chambre de compensation, s'interposant entre acheteurs et vendeurs et calculant l'évolution des positions quitte à faire appel à de nouveaux actifs pour couvrir les pertes, n'en est parue que plus importante pour éviter tout risque systémique.l'opacité dénoncéeLe marché de gré à gré des CDS, qui représente 55.000 milliards de dollars, n'est pas désorganisé. L'Isda, l'association internationale des swaps et dérivés, a émis des standards en matière de documentation de ces contrats de couverture. Récemment, elle a aussi facilité, via des protocoles, le règlement des transactions sur CDS impliquant Fannie Mae, Freddie Mac (placés sous tutelle gouvernementale début septembre) comme Lehman Brothers, avec un prix fixé aux enchères. Ce sera encore le cas cette semaine avec les CDS sur trois banques islandaises. Mais les autorités semblent vouloir aller au-delà. Lors d'une première réunion le 22 octobre dernier, Charlie McCreevy, le commissaire européen au Marché intérieur, a invité l'industrie à trouver, d'ici à la fin de l'année, une solution de compensation permettant de réduire le risque. En cas de proposition insuffisante, la voie législative sera privilégiée. Viendra ensuite l'heure des recommandations en matière de transparence, d'ici à fin avril 2009. Depuis le début de la crise, les autorités pointent un marché opaque. Au point de décider l'organisme américain DTCC à publier, dès aujourd'hui et sur une base hebdomadaire, des statistiques agrégées issues de son registre international de données sur les transactions.Ces réflexions menées de part et d'autre de l'Atlantique posent plusieurs questions. Faut-il une solution unique à l'échelle mondiale?? Ou à l'échelle continentale?? L'industrie souhaite une solution globale. L'IntercontinentalExchange (ICE), CME Group, Nyse Euronext et Eurex Clearing ont avancé des propositions rivales. L'idée des autorités ne serait pas de choisir entre ces offres, laissant cette option au marché, mais de définir un cadre. Autre interrogation : le régulateur compétent. Aux États-Unis, la Securities & Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) ont demandé au Sénat de disposer de cette compétence. Pour l'ICE, les CDS relèvent davantage de la Réserve fédérale. Sur certains aspects de la finance, « on est tous conscients de la nécessité d'une cohérence internationale », indique un régulateur. Reste à savoir si les choix des prochains mois refléteront cet état d'esprit.

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