L'Amérique latine, nouvelle victime

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chronique du consensusLes mises en chantier aux États-Unis ont atteint au mois de décembre un plus-bas de 59 ans, avec 550.000 unités. L'effondrement continu depuis plus de deux ans du secteur de la construction résidentielle américaine n'est pas seulement une mauvaise nouvelle pour la croissance des États-Unis, mais aussi pour l'Amérique latine. En effet, selon la Banque mondiale, cette zone est celle qui reçoit le plus d'argent en provenance de la première économie mondiale, avec environ 60 milliards de dollars. Dans le détail, le Mexique reçoit 25 milliards de dollars, l'Amérique du Sud 16,6 milliards de dollars, l'Amérique centrale 11 milliards de dollars et les Caraïbes 7,4 milliards de dollars. Or de nombreuses études ont montré qu'il existe une très forte corrélation positive entre les indicateurs résidentiels et les montants des transferts d'argent expédiés à l'étranger, en particulier au Mexique où ces derniers représentaient près de 3 % du PIB en 2007, soit la troisième source de revenus après le pétrole et les investisseurs directs étrangers (ces deux facteurs étant eux aussi en train d'imploser). Par conséquent, le véritable effondrement des montants envoyés par les travailleurs mexicains en novembre (? 24 %) a de quoi nous inquiéter. À cela, il faut ajouter la dépréciation massive des monnaies d'Amérique latine en taux de change réel : le peso mexicain a dévalué de ? 24,5 % et le real brésilien de ? 24,0 %. Cette situation fragilise un peu plus les ménages de la zone, qui n'auront pas la capacité de prendre le relais des exportations ou des investissements directs étrangers comme moteurs de la croissance de l'Amérique latine. Dans ces conditions, le scepticisme est de mise face aux prévisions actuelles du consensus, qui parie toujours sur une stagnation de la croissance du Mexique en 2009 (? 0,1 %) et un recul de ? 1,5 % du PIB mexicain cette année, semble plus réaliste. Pour l'ensemble de la zone qui pèse 6 % dans la richesse mondiale, on assistera sans doute à une très faible croissance du PIB en 2009 comprise entre 0 % et + 0,5 % contre un consensus à + 2,0 % et une prévision du FMI à + 1,1 %, après des croissances impressionnantes de + 5,5 % en 2007 et probablement + 4,5 % en 2008. L'économie latino-américaine fera donc elle aussi partie des victimes collatérales de la récession américaine.Pour l'ensemble de la zone qui pèse 6 % dans la richesse mondiale, on assistera sans doute à une très faible croissance du PIB en 2009 comprise entre 0 % et + 0,5 % , après une croissance impressionnante de + 5,5 % en 2007.Jean-Luc Buchalet (en haut) et Pierre Sabatier, respectivement présidents de Pythagore Investissement et de PrimeView.

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