Face aux Européens, Hillary Clinton restera attentive, mais ferme

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Après l'euphorie, le retour sur terre. L'élection de Barack Obama avait soulevé des flots d'enthousiasme. La visite de la secrétaire d'État américaine à Bruxelles aujourd'hui et demain ramène les Européens aux dures réalités de la relation transatlantique, à savoir la priorité accordée par les États-Unis à la sécurité. Or, autant sur les deux autres sujets majeurs de l'agenda transatlantique?: changement climatique et régulation financière, l'Europe peut prétendre à un certain leadership, autant, en matière de sécurité, elle a encore du chemin à faire pour s'imposer.« Il y a une volonté des Américains d'aborder la relation avec l'Europe de façon diamétralement opposée à la précédente administration. Hillary Clinton arrive avec un ?il neuf », assure un fonctionnaire de la Commission. La secrétaire d'État américaine rencontrait hier soir les ministres des Affaires étrangères de l'Otan pour un dîner informel ? Bernard Kouchner s'était fait excuser ? et consacre sa journée à la réunion des ministres de l'Otan. Vendredi, le Parlement, la Commission et la présidence de l'Union européenne sont au programme. « Le fait qu'elle s'adresse directement aux institutions multilatérales, l'Otan et l'Union européenne, au lieu de se rendre à Londres ou Berlin, est la preuve qu'elle veut dépasser la stratégie de division de l'administration précédente », estime Giovanni Gasparini, spécialiste des questions transatlantiques à l'Institut des affaires internationales, à Rome.Bruxelles en profite pour donner une nouvelle image du Vieux Continent. « Aux démocrates qui étaient en poste sous Bill Clinton et qui reviennent aujourd'hui aux affaires, nous essayons de dire que l'Europe a bien changé depuis 2001. À l'époque, on était empêtré dans les Balkans, aujourd'hui, 5.000 soldats européens ont relayé l'ONU au Kosovo. On en était au balbutiement de la politique de sécurité et de défense. Aujourd'hui, l'Union est présente militairement au Congo, au Tchad, en Moldavie, au large de la Somalie », explique une source à la Commission européenne.Raison de plus, pour Washington, de demander à ses partenaires de réinvestir dans l'Alliance atlantique, estime l'eurodéputée Erika Mann. L'Afghanistan, au menu des discussions de ce jour à l'Otan, sera un test. « Hillary Clinton veut une confirmation claire de notre participation et de notre responsabilité, politique et financière », assure l'eurodéputée. Les Européens, eux, veulent faire entendre une musique différente, qui pourrait se résumer à ce mot d'un diplomate?: « Le tout militaire n'est pas une option. Il faut avoir une approche régionale. »dépoussiérageReste que l'Europe avait besoin d'un sérieux dépoussiérage en matière de sécurité. La présidence française a ouvert le chantier, permettant de revoir ? à la marge ? le cadre de la politique étrangère et de sécurité adoptée à Thessalonique? en 2003. Sur la Russie, l'Ukraine ou la Géorgie, on cherchera en vain les traces d'une doctrine européenne commune. « L'Europe vit dans un vacuum stratégique permanent », tranche Erika Mann. Une fois de plus, l'Amérique lui tend un miroir d'une cruelle fidélité. nIl y a une volonté des Américains d'aborder la relation avec l'Europe de façon diamétralement opposée à la précédente administration.

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