Un volontarisme en mal d'efficacité

En matière de fiscalité et de pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy récolte une bonne note (14 sur 20) qui sanctionne plus la conformité de son action à ses annonces et à ses promesses que l'efficacité des mesures prises. « Plus de 70 % des mesures sont mises en ?uvre », souligne l'institut Thomas More. Acte fondateur du quinquennat, la loi Tepa a été adoptée au mois d'août 2007 et comprend les principaux engagements du chef de l'État pendant la campagne, notamment la défiscalisation des heures supplémentaires, les abattements sur les droits de succession, l'abaissement du bouclier fiscal et la réduction d'ISF pour les contribuables qui investissent dans les PME. Emblématique de l'ère Sarkozy et du « travailler plus pour gagner plus », cette loi est aussi la réforme la plus contestée. Le paquet fiscal devait, selon ses défenseurs, provoquer « un choc de confiance » sur l'économie française. Mais la crise est passée par là renvoyant cette politique à ses contradictions et limitant Tepa à une fonction « d'amortisseur ». Aujourd'hui, nombre d'observateurs s'interrogent : était-il judicieux de favoriser le recours aux heures supplémentaires quand le chômage explose, sans parler des 4 milliards d'euros de rentrées fiscales dont l'État se prive ? Quant au bouclier fiscal ? et a fortiori l'inclusion de la CSG de la CRDS dans son calcul ?, il provoque des remous, y compris à droite. Le débat sur le RSA a été à cet égard exemplaire.le compte n'est pas bonNicolas Sarkozy, qui n'a « pas été élu pour augmenter les impôts », refuse de revenir sur le bouclier fiscal. Pour autant, le président a renoncé à l'un de ses engagements phares de campagne, celui de baisser de 4 points les prélèvements obligatoires et de rendre ainsi 68 milliards d'euros aux Français. La crise a rendu caduc cet objectif. Pour redonner du pouvoir d'achat aux ménages, le président compte à la fois sur le repli de l'inflation, sur le système français de prestations sociales et sur quelques aides ponctuelles pour les plus modestes (suppression des derniers tiers provisionnels pour les contribuables les moins aisés, prime exceptionnelle pour les futurs bénéficiaires du RSA, etc.). Pour l'opinion publique, le compte n'y est pas, d'autant que chacun sait bien qu'en sortie de crise la réduction des déficits sera la priorité des priorités, avec à la clé une hausse des impôts et prélèvements. A. E.

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