« Home », une production géante à but non lucratif

Ce soir, plusieurs dizaines de millions de Terriens pourraient prendre conscience qu'il est presque trop tard pour leur planète. Pour provoquer ce choc, Yann Arthus-Bertrand, le photographe de « la Terre vue du ciel », un livre et une exposition qui ont fait le tour du monde, a voulu que son film « Home » sorte, ce 5 juin, journée mondiale de l'environnement, simultanément sur les cinq continents, sur tous les supports et gratuitement ou à très faible prix pour le public. Projections en plein air à New York (Central Park), Paris (tour Eiffel), Londres, Athènes? séances au cinéma, en France (300 salles) et dans 26 pays, diffusion sur 81 chaînes de télévision dont France 2 (à 20?h?35) dans 131 pays, DVD (vendu 4,99 euros dans les Fnac dès demain), visionnage en ligne pendant dix jours dans le monde entier sur Youtube. La logistique est si complexe que, deux jours avant, Yann Arthus-Bertrand s'inquiétait d'éventuelles inversions entre les 23 versions linguistiques des copies expédiées dans 180 pays !un budget de 12 millionsLe photographe, convaincu de l'urgence de montrer la sur-exploitation de la planète, et déterminé à ce que ce message soit diffusé gratuitement, sans générer de profit, a su faire partager cette vision à un producteur indépendant, Denis Carot, d'Elzévir Films. Mais les fonds propres de cette société de 5 salariés, qui produit un long-métrage par an et quelques documentaires télévisés, n'étaient pas à la hauteur du projet. Pour Arthus-Bertrand, « la planète ne pouvait attendre » et, dès janvier 2007, une équipe est montée pour préparer la production. Mais avant de lancer le tournage ? 217 jours dans 55 pays, essentiellement en hélicoptère ?, on devait trouver un partenaire, un « distributeur international puissant », témoigne le producteur. Des majors d'Hollywood se manifestent mais repartent dès qu'elles comprennent que le projet est à but non lucratif.Luc Besson s'engage avec son studio EuropaCorp comme coproducteur et distributeur, et il avance les premiers fonds pour lancer le tournage. Il veut bien ne pas gagner d'argent. Mais ne pas en perdre, et trouve donc un mécène : François-Henri Pinault, le patron de PPR (Fnac, Gucci?). Sur un budget de 12 millions, PPR en apporte 10, la chaîne publique France 2, un, et la chaîne du Qatar Al Jazira Junior, le dernier. « Le schéma est totalement exceptionnel. Ce n'est pas un modèle économique, avertit Denis Carot. Aux États-Unis, il existe une production de films indépendants financés par des mécènes. Ils sont montrés dans des universités mais n'ont pas de vie économique? »deux versionsS'il n'a pas fait appel aux circuits de financement traditionnel du cinéma et de l'audiovisuel, prévus pour des exploitations commerciales classiques, « Home » ne peut en revanche s'affranchir des règles françaises, imposant un délai entre la sortie en salles puis sur d'autres supports. Le film existe donc en deux versions : longue de deux heures pour le cinéma, raccourcie à une heure trente pour les autres supports. Une précaution qui n'a pas suffi à amadouer le circuit de salles Europalaces (Pathé/Gaumont), qui ne programmera pas « Home ». UGC offre une séance gratuite ce soir à 20 heures dans ses grands multiplexes. CGR aussi, mais proposera ensuite deux séances quotidiennes à tarif réduit. Les salles MK2 ont opté pour un tarif unique à 5 euros.

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