les débats en france, morne plaine ?

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Le scrutin ne passionne pas les électeurs français, ce qui n'est pas inhabituel, la participation aux européennes étant en recul constant depuis 1979. Brice Teinturier, directeur général de l'institut TNS Sofres, prévoit que l'abstention pourrait atteindre 60 % dimanche. Hier, les deux principaux acteurs de la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, ont appelé les électeurs à se rendre aux urnes. « Il faut que chacun comprenne que l'Europe, c'est très important pour la vie quotidienne des Français », a dit le chef de l'État. « Si l'Europe se fait sans les peuples, l'Europe se fera contre les peuples », a souligné son ancienne adversaire.Dans ce contexte morose, les deux principaux partis de gouvernement, l'UMP et le Parti socialiste apparaissent à la peine. Même crédité de la première place, avec en moyenne 26 % des intentions de vote, le parti de Nicolas Sarkozy pourrait enregistrer une nette érosion par rapport au premier tour de la présidentielle de 2007 (31 %). Le PS est crédité d'environ 20 % des suffrages, ce que sa première secrétaire Martine Aubry considère comme « son étiage normal aux européennes ». Mais c'est neuf points de moins qu'en 2004 et un recul de six points par rapport à la présidentielle de 2007. Derrière, les listes Europe Écologie de Daniel Cohn-Bendit et celles du centriste François Bayrou se disputent la troisième place, loin devant « la gauche de la gauche » éclatée entre le Parti de gauche et le NPA.Comme à chaque élection européenne, les enjeux nationaux ont dominé la campagne, qui a débuté alors que Nicolas Sarkozy passait le cap des deux premières années du quinquennat. Selon un sondage TNS Sofres, 57 % des Français souhaitent que les électeurs profitent de ce scrutin pour manifester leur mécontentement à l'encontre du gouvernement. Le chef de l'État a déjà anticipé toute difficulté en annonçant sa volonté de déconnecter le scrutin européen du futur remaniement ministériel. « Quand l'opinion me lâche, cela ne change rien », a-t-il dit fin mai en confirmant sa volonté de poursuivre ses réformes.Le PS devrait lui aussi éviter une crise au lendemain du scrutin. « Quoi qu'il arrive, je continuerai à avancer », a affirmé Martine Aubry, qui, malgré une image tardive d'unité avec Ségolène Royal, n'a pas réussi à faire oublier les divisions du congrès de Reims.Quant à François Bayrou, il joue dans ce scrutin une part de sa capacité à apparaître comme un recours pour la présidentielle de 2012. HÉLÈNE FONTANAUD

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