L'OCDE incite la France à accélérer les réformes

Quand l'OCDE et le gouvernement sont sur la même ligne. Invitée hier par l'organisation internationale, Christine Lagarde n'a pas feint la surprise à l'écoute des recommandations formulées par Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE. « Certes, la France résiste mieux que les autres pays du G7. Mais il est nécessaire de poursuivre les réformes structurelles », a-t-il précisé. Crise ou pas crise. La priorité ? Augmenter le taux d'emploi. « Les progrès réalisés en matière de fonctionnement du marché du travail depuis deux ans sont indéniables, mais la France peut faire davantage », a-t-il expliqué. Notamment en direction des seniors. « Un relèvement progressif de l'âge de la retraite prenant automatiquement en compte les gains d'espérance de vie, comme c'est le cas dans de nombreux pays de l'OCDE, pourrait contribuer à la sauvegarde du système de retraite par répartition », a déclaré Angel Gurria. Les jeunes ne sont pas oubliés. Outre la poursuite des réformes dans l'éducation, Angel Gurria souhaite que le gouvernement réduise « la segmentation du marché du travail, notamment en favorisant le passage plus systématique de CDD en CDI, comme c'est le cas ailleurs. Un pas a bien été franchi dans cette direction avec la mise en place de la rupture par consentement mutuel ».transparencePlus de transparence sur les marchés des biens et des services ainsi qu'un passage rapide à une croissance plus « verte » sont aussi réclamés. Bien sûr, ces recommandations n'occultent pas la priorité de fond que constitue le rééquilibrage des finances publiques. « À moyen terme, il serait approprié de lancer un débat sur ce thème, compte tenu du vieillissement démographique à venir », a ajouté Angel Gurria, qui a également abordé la question de la méthode à employer pour faire accepter les réformes. « Toute action en la matière nécessite un mandat clair de la population. Pour l'obtenir, il faut connaître et faire connaître les avantages de la réforme ainsi que les inconvénients du statu quo », a-t-il martelé.Un message et un diagnostic reçus cinq sur cinq par la ministre de l'Économie, qui, après avoir fait l'inventaire des réformes qu 'elle conduira dans les prochains mois, en particulier celles portant sur la formation professionnelle et la taxe professionnelle, a annoncé pour bientôt de nouvelles prévisions macroéconomiques. Très probablement en début de semaine prochaine. Revues à la baisse compte tenu du contexte international ? le PIB de la zone euro chuterait de 4,9 % cette année selon la Banque centrale européenne ?, celles-ci fourniront de précieuses indications sur la capacité de la France à respecter le pacte de stabilité en 2012, c'est-à-dire à abaisser le déficit public à 2,9 % du PIB alors qu'il pourrait dépasser 6 % cette année. Un engagement pour l'instant difficile à croire.

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