La crise grippe la mondialisation

conjonctureOn croyait le déferlement de la mondialisation et son cortège de réformes structurelles dans les pays où elle pénétrait irrémédiables. Pourtant la crise mondiale, qui a révélé la place excessive joué par l'endettement dans le gonflement de la demande internationale, va enrayer la mécanique. « La phase de la mondialisation tirée par la consommation à crédit des pays de l'OCDE, tout particulièrement aux États-Unis, est terminée », expliquait hier Karine Berger, directrice des études économique chez Euler Hermes Sfac, numéro un de l'assurance-crédit, lors de la présentation d'une étude sur l'évolution des défaillances d'entreprises dans une vingtaine de pays du monde (voir encadré). Et « la nouvelle séquence qui commence sera marquée par moins de mondialisation », explique pour sa part Michel Mollard, président du directoire de Euler Hermes. Sur les dix dernières années, la croissance mondiale a été rapide (4 % en moyenne en termes réels) et le commerce mondial a enregistré un quasi-triplement en valeur. Mais « depuis cinq ans, une part de la croissance mondiale ? entre 0,5 point et 1 point par an ? est liée à la bulle du crédit dans les pays de l'OCDE », prévient Karine Berger. Selon elle, « il en résulte une surproduction industrielle et la crise doit être interprétée comme une destruction de valeur ».Mauvaise nouvelle, la contraction de 2 % à 3 % du PIB mondial prévisible cette année ne sera pas suffisante pour achever l'apurement et « une sous-production d'environ 1 point l'année prochaine sera nécessaire », indique l'étude.stratégies à revoirLes entreprises doivent revoir les stratégies. Car « on est allé trop loin en matière de création monétaire dans les pays de l'OCDE et pendant au moins les cinq prochaines années la croissance mondiale sera inférieure à la tendance observée ces dix dernières années », pronostique l'économiste. De plus, il faut s'attendre au « retour du risque lié aux comptes extérieurs des pays ». Les pays émergents ont jusqu'à présent surfé sur la mondialisation pour augmenter leurs exportations et attirer les investissements internationaux, accumulant des excédents. Mais, avec la baisse de la demande de l'OCDE, les recettes des pays du Sud sont appelées à fondre. Tout comme la manne des investissements étrangers. « Ils devront compter sur leur marché intérieur pour assurer leur croissance, ce qui creusera leur déficit budgétaire », prévoit Karine Berger.

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